Critiques de films, Epouvante-horreur

Critique : Chroniques de Tchernobyl, de Bradley Parker

Du pitch original de départ, Chroniques de Tchernobyl n’en tire rien de bon si ce n’est un film d’épouvante poussif et bâclé.

 

Affiche du film Chroniques de Tchernobyl, de Bradley Parker
Affiche du film Chroniques de Tchernobyl, de Bradley Parker

 

 

Six jeunes vacanciers en quête de sensations fortes engagent un guide pour une «expérience extrême». Ignorant les mises en garde, l’homme les conduit dans la ville de Prypiat, toute proche de Tchernobyl. Vingt-cinq ans plus tôt, lorsque le réacteur avait explosé, les lieux avaient été évacués dans l’urgence. Après une brève exploration, le petit groupe se retrouve piégé dans la ville fantôme. Et ils ne sont pas seuls…

 

 

A force de creuser encore et encore dans un genre éprouvé qu’il a lui-même relancé avec Paranormal Activity, Oren Peli n’en sort plus rien d’original. A l’instar de Chroniques de Tchernobyl, un film surfant sur un found-footage sale et injustifié – la personne qui filme n’est pas un personnage du film – dont les jump-scares ne sont que trop rarement efficaces. Il y avait pourtant une base intéressante autour d’un lieu encore inexploité par le cinéma d’horreur. Prypiat, cette ville-fantôme près du réacteur 4 de Tchernobyl avait déjà fait l’objet d’un beau drame choral et réaliste, La Terre Outragée. La sexy Olga Kurylenko y campait justement un guide touristique, une dizaine d’années après le drame qui a secoué sa ville natale. Chroniques de Tchernobyl a voulu jouer sur une légende urbaine locale sans l’assumer parfaitement. Oren Peli avait d’ailleurs eu l’idée de faire un film suite à la découverte d’un blog d’une jeune photographe où se trouvaient des photographies de cette ville-fantôme. Et non d’adapter une légende locale avec tout le floklore qui va avec. Bref, le mec n’en avait rien à taper, pourvu que son film rapporte vu le mini budget de départ (à peine 1 million de dollars.

 

Extrait du film Chroniques de Tchernobyl
Extrait du film Chroniques de Tchernobyl

 

Après une mise en place naïve, longue et inutile de 30 minutes, Chroniques de Tchernobyl débute enfin. Jouant sur les décors apocalyptiques de la ville, Bradley Parker tourne vite en rond à l’image de ses dialogues qui répètent inlassablement « Mon dieu que c’est glauque cette ville abandonnée ». Même l’improvisation voulue par le duo Peli/Parker ne fonctionne pas et sonne faux. L’aspect documentaire est vite balayé d’un revers la main, la légende urbaine évoquée en deux secondes montre en main. Le but est de sauver ce qui peut encore l’être et de réellement plonger dans l’épouvante de l’endroit. Les sursauts cèdent leur place à une étrange sensation glaciale qui fait du bien. La claustrophobie se fait sentir, et même si Chroniques de Tchernobyl lorgne du côté de The Descent et La Colline a des yeux pour ses monstrueuses créatures, l’action devient enfin intéressante, et notre excitation espère voir son adrénaline monter crescendo. Devenu saccadée, l’action élimine rapidement et un à un ces jeunes américains intrépides (encore un cliché) et fonce droit vers le seul final possible, aussi convenu soit-il, celui qui fera réagir des associations de victimes de Tchernobyl, taxant le film de manquer de respect à ces dernières. Chroniques de Tchernobyl a dû attendre un final suffisamment captivant pour faire oublier le temps d’un quart d’heure son avalanche de clichés, défaut inhérent à toutes productions américaines tentant d’explorer un lieu qui lui est étranger, avec les coutumes qui vont avec (Hostel en était un exemple).

 

L’avis : Chroniques de Tchernobyl oublie de planter un contexte solide et captivant à sa base documentaire pour livrer un film d’horreur convenu et pour le moins naïf. Dialogues au ras des pâquerettes et effets spéciaux cheapos viennent détruire cette production hasardeuse qui empile les clichés sans proposer de point de vue original. Triste constat.