Critiques de films, Drame

Critique Dans la cour de Pierre Salvadori

Pour son neuvième film, Pierre Salvadori choisi de passer à la comédie dramatique. Le casting réussi contribue au bilan positif dans l’ensemble, malgré des petits bémols. Les amateurs d’humour décalé et second degré apprécieront. 

Affiche de « Dans la cour » de Pierre Salvadori
Affiche de « Dans la cour » de Pierre Salvadori

Antoine, un musicien, décide sur un coup de tête d’arrêter sa carrière. Il ne dort plus, rien ne l’intéresse mais il passe quand même un entretien pour un poste de gardien d’immeuble. Mathilde, une habitante de l’immeuble fraichement retraitée lui donne une chance. La cohabitation, difficile au début, donnera lieu à une amitié, Antoine soutenant Mathilde effrayée après avoir découvert une fissure dans le mur de son salon et craignant l’effondrement de tout le bâtiment. Mais le tandem risque de s’enfoncer dans des situations de plus en plus compliquées.

 

La rencontre de deux personnages paumés, dans une phase difficile de leur vie, donne lieu à un film touchant, alliant humour cynique et sensibilité. Catherine Deneuve en retraitée obsédée par une fissure sur le mur de son salon et Gustave Kervern en concierge maladroit s’accordent bien. Les personnages secondaires sont tout aussi décalés que Mathilde et Antoine, comme cet escroc « vendeur » de vélos volés incarné par Pio Marmaï ou ce gardien de nuit adepte d’une secte. « Dans la cour » nous montre la vie de personnes normales, que l’on pourrait voir dans la rue, mais avec leurs défauts et leurs manies, parfois fort insolites. Le voisin qui aboie au milieu de la nuit, persuadé qu’un chien va lui répondre en est un bon exemple.

Extrait de « Dans la cour » de Pierre Salvadori
Extrait de « Dans la cour » de Pierre Salvadori

On peut cependant reprocher au film une ambiance parfois trop cafardeuse malgré l’humour. Même si cela peut faire partie du charme de l’histoire, on sort de la salle avec une impression de malaise, probablement voulue par le réalisateur. Gustave Kervern, habitué jusque là à des petits rôles dans ses réalisations aux côtés de Benoît Delépine (« Groland »), montre sa capacité à jouer des personnages plus profonds même s’il conserve son côté nonchalant. Catherine Deneuve, elle, est juste dans son interprétation d’une retraitée qui sombre dans la folie. Un résultat plutôt réussi donc pour Pierre Salvadori qui quitte pour la première fois le genre de la comédie pure.

La réunion de ces personnages décalés donne un bon film, qui se laisse regarder. L’humour permet de se détacher d’une ambiance sombre et morose qui, sans cela, serait plus pénible. Le bon choix d’acteurs (Catherine Deneuve et Gustave Kervern) renforce l’impact des dialogues et de l’histoire.