Comédie, Critiques de films

Critique : Denis, de Lionel Bailliu

Jean-Paul Rouve se complait à jouer le beauf extrême nullement risible dans le non moins navrant Denis.

 

Affiche du film Denis, de Lionel Bailliu
Affiche du film Denis, de Lionel Bailliu

 

Par deux fois, Vincent a cru rencontrer la femme de sa vie.
Par deux fois, elles l’ont quitté pour le même homme… Denis.
Maintenant que Vincent file le parfait amour avec Anna, sa seule crainte est que l’histoire se répète. Alors il va tenter de comprendre : Mais que peuvent-elles trouver à ce type grande gueule, amateur de chemises bariolées, qui enseigne le catch comme une philosophie ?

 

 

Le ridicule ne tue peut-être pas, en revanche, il est appelé à faire rire. Sauf chez Denis, comédie de Lionel Bailliu à qui l’on doit également Fair Play, un film qui avait réuni en 2006 Benoît Magimel, Marion Cotillard et Jérémie Rénier. Moins glamour aujourd’hui, Jean-Paul Rouve, l’éternel beauf énergique du cinéma français, la jolie Audrey Dana et un petit dernier Fabrice Eboué, qui nous avait séduit pour une première sur grand écran remarquée avec Case Départ. Comme souvent lorsqu’il s’agit d’écrire une comédie, Denis part d’un postulat assez simple et plutôt amusant : Comment un type qui à priori n’a rien pour lui arrive à piquer consécutivement deux nanas à un autre type ? « L’insaisissable », nous dit Jean-Paul Rouve, voilà ce qui attire l’acteur récemment vu dans Les Tuche. Il vrai que Denis, derrière son apparence légèrement sale (non, sérieusement, qui aurait envie de sortir avec un mec qui catche habillé en Tigrou, pisse dehors dans les parcs et se passionne pour l’observateur d’oiseaux dans des parcs naturels ?), cache un vrai cœur d’homme sensible qui n’a peur de rien. Surtout pas de la vérité. Il est comme animal, chez lui, les hormones sont plutôt des phéromones, et voici que ça excite les nanas nous dit-on.

 

Extrait de Denis (2013)
Extrait de Denis (2013)

 

Le problème avec Denis, si sincère soit le projet et l’angle de départ, c’est que ça ne fonctionne pas une seconde. C’est un sentiment de compassion qui prédomine dans notre fort intérieur, tant on se dit « merde on aurait pu l’aider ce type ». Et nous vient une question : comment un producteur peut miser là-dessus, et surtout quelle tête doit-il pondre une fois le produit fini ? Car si des idées il y a en (comme dans toutes tentatives artistiques), Denis ne les exploite pas ou mal. On peine à trouver les personnages attachants, bien que Rouve ou Eboué aient de l’énergie à revendre et jouent d’auto-dérision notamment dans les séquences de catch. Mais le sourire, lui, ne vient jamais. Poussif, mal écrit, filmé sans aucune âme, barré sans l’être suffisamment pour nous emporter, Denis est clairement ennuyeux. Et on s’étonne de ne voir aucune critique autour du film à sa sortie en salles…