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Critique : Die Hard 5 – Belle journée pour mourir, de John Moore

Bruce Willis s’embourbe dans un cinquième épisode de la franchise Die Hard, nanar hideux à l’inutilité avérée. Yippee-Ki-Mouais.

 

Affiche du film Die Hard 5 - Belle journée pour mourir, de John Moore
Affiche du film Die Hard 5 – Belle journée pour mourir, de John Moore

 

Bruce Willis est de retour dans son rôle le plus mythique : John McClane, le « vrai héros » par excellence, qui a le talent et la trempe de celui qui résiste jusqu’au bout.
Cette fois-ci, le flic qui ne fait pas dans la demi-mesure, est vraiment au mauvais endroit au mauvais moment après s’être rendu à Moscou pour aider son fils Jack, qu’il avait perdu de vue. Ce qu’il ignore, c’est que Jack est en réalité un agent hautement qualifié de la CIA en mission pour empêcher un vol d’armes nucléaires. Avec la mafia russe à leur poursuite et la menace d’une guerre imminente, les deux McClane vont découvrir que leurs méthodes radicalement différentes vont aussi faire d’eux des héros que rien ne peut arrêter.

 

 

« Belle Journée pour mourir » nous dit le titre de ce cinquième opus dans la franchise à succès Die Hard. Si seulement le titre passait aux actes à la fin, pourrait-on dire. Les jeux de mots autour de ce titre assez inexplicable vont fleurir dans un rythme de croisière. Avouons que John Moore (réalisateur de Max Payne, déjà) et son crew s’en sont donnés les moyens en livrant ce nanar, objet vomitif par excellence, bourré d’incohérences et de faux-raccords, sans parler d’une histoire aux abonnés absents et de personnages façonnés à la ‘vas-y que je te pousse’. Die Hard 5 aurait dû être un divertissement aussi agréable que spectaculaire, se plaçant dans la veine des précédents ouvrages. C’est un minimum syndical. On ne lui demandait même pas de prétendre à être supérieur aux prédécesseurs, c’est dire la générosité. Mais non, notre Bruce Willis manie l’ironie comme une vache espagnole et se morfond dans un film où il répète les mêmes dialogues (cher John, on a compris que tu étais en vacances à Moscou même si personne n’y croit) et tente de tisser de mièvres liens pathos avec son fils (incarné par Jai Courtney, le bad guy que Tom Cruise… euh du film Jack Reacher quoi) qui possède des bras aussi gros que le détroit de Gibraltar et un charme ravageur, qui aura au moins l’honneur de tenir éveillée quelques minettes (un bien moindre mal).

 

Extrait du film Die Hard 5 - Belle journée pour mourir (2013)
Extrait du film Die Hard 5 – Belle journée pour mourir (2013)

 

Fort d’un scénario aussi creux qu’une coquille vide, Die Hard 5 raconte la quête initiatique et rédemptrice (oui, employons des mots qui n’auraient en temps normal, rien à faire dans une chronique sur Die Hard) d’un père en mal d’action, décidé à rejouer son sempiternel désir de justice dans un revival pseudo Guerre froide, tout en cherchant à renouer des liens avec son fils, insider de la CIA. La réunion était attendue, et dès la première rencontre entre les deux hommes, on sent que John Moore et son scénariste (Skip Woods, type à qui on doit les scénars d’X-Men Origins : Wolverine ou encore G.I Joe – Le reveil du Cobra) ne maîtrisent déjà plus le sujet et ne savent visiblement pas glisser habilement une once d’humour pour éviter le pathos franchouillard de la situation. Puis, vient le spectacle, le vrai. John Moore a anticipé les avis négatifs en se disant que s’il devait entrer dans le Guinness des records, ça ne sera sûrement pas pour avoir récolté le plus de tweets hostiles en un temps record. Mais plutôt pour avoir cassé un maximum de voitures. Dans une longue scène de course-poursuite qui s’éterniiizze avec pour fil rouge une triangulaire peu ingénieuse, un énorme engin de guerre (mené par les méchants oligarques) poursuit le pauvre utilitaire cheapos piloté par Jack McClane, lui même poursuivi par son père au volant d’un 4×4 à la carrosserie vraiment très résistante (curieux de voir ton test Euro NCAP mais c’est un autre sujet) qui a la bonne idée d’éviter les bouchons moscovites en roulant sur les voitures. Résultat, Die Hard 5 possède assurément le record du plus grand nombre de voitures brisées à la minute.

 

Extrait du film Die Hard 5 - Belle journée pour mourir (2013)
Extrait du film Die Hard 5 – Belle journée pour mourir (2013)

 

Derrière ce petit spectacle un poil amusant, Die Hard 5 enchaînera les saynètes vides de sens. Une arrestation risible (peuplée de faux-raccords qui font penser que le film a été monté en 2-2 par Gilbert Montagné) où le bad-guy aurait mieux fait de coller deux balles au père et au fils illico-presto histoire qu’on en termine. Mais non. Non content de les voir s’échapper – et casser de les vitres sans aucune blessure – le méchant que joue le français Radivoje Bukvic (bien sûr, allez vérifier) les attire à Tchernobyl, histoire de réveiller naïvement les fantômes de la Guerre froide. D’ailleurs, pour qui a vu Les Chroniques de Tchernobyl, on s’attend à chaque mouvement de caméra à voir débouler un humain détruit par la radioactivité. Mais là encore, tristesse. Rien, le vide, la fausse tension et un suspense aussi haletant qu’un épisode de Louis la Brocante, pour des personnages sans charisme qui se contentent juste de jouer sur un fond vert en pensant que peut-être, ça passera inaperçu. Quelle terrible déception fût ce Die Hard 5 qui bien que court (encore heureux!), ne propose aucun divertissement, si ce n’est d’avoir le plaisir de se moquer de lui dans une chronique. Un bien moindre mal. Au nom du Père, du Fils et de la Sainte Merde, Amen.