Comédie, Drame

Critique : Du vent dans mes mollets, de Carine Tardieu

En cette rentrée, la comédie française témoigne de sa belle forme, pour preuve la charmante comédie de Carine Tardieu, Du vent dans mes mollets.

 

Affiche du film Du vent dans mes mollets, de Carine Tardieu
Affiche du film Du vent dans mes mollets, de Carine Tardieu

 

 

Prise en sandwich entre des parents qui la gavent d’amour et de boulettes, Rachel, 9 ans, compte les minutes qui la séparent de la liberté. Jusqu’au jour où son chemin croise celui de l’intrépide Valérie.

 

 

Après avoir filmée Karine Viard en mère à la dérive dans La tête de Maman, Carine Tardieu explore de nouveau la relation complexe que peut entretenir une mère avec sa fille. L’adolescence d’abord, ici une période moins exploitée au cinéma, celle des premières esbroufes adolescentes à l’âge du CM1/CM2. Plus empirique, Du vent dans mes mollets plonge deux décennies auparavant et se pose comme une superbe et touchante réflexion autour de l’enfance, période où les premières illusions se heurtent à la réalité d’une vie. La cinéaste y déroule la nostalgie d’une époque, aussi bien dans le choix des costumes, l’utilisation de la musique ou bien les décors. Son talent sera surtout de capter toute l’énergie débordante et fraîche des deux jeunes actrices, dont l’amitié est irrésistiblement communicative. Elles portent ce long métrage où viennent de greffer une brochette d’acteurs français réguliers, dont les excellents Denis Podalydés et Isabelle Carré.

 

Extrait du film Du vent dans mes mollets
Extrait du film Du vent dans mes mollets

 

Carine Tardieu traite d’un ensemble de sujets inhérents à l’enfance, de l’innocence au questionnement sur l’existence, la mise en doute de l’autorité maternelle trop insistante, une amitié qui se dessine… et le fait avec poésie, sensibilité, humour et émotion. Elle s’embourbe hélas dans des sous-récits mal exploités qui ne renforce malheureusement pas le propos et surtout ne sont pas vus du regard de Rachel. Le film ne souffre d’aucun problème de rythme et déroule sa fable initiatique avec une facilité absolument charmante et délicate. Et si le final s’avère prévisible, ce dernier n’en sera pas plus gâché. Sans esbroufe, Carine Tardieu dresse un tableau de mœurs dans un monde en mutation, et surfant sur une certaine fatalité, en tire toute la beauté d’un propos qui tire larmes et sourires avec un brio remarquable.