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Critique : Gabrielle, de Louise Archambault

Le bonheur serait interdit aux handicapés ? Sûrement pas !

 

Affiche de Gabrielle de Louise Archambault (2013)
Affiche de Gabrielle de Louise Archambault (2013)

Gabrielle est un premier film réalisé par la jeune réalisatrice québécoise Louise Archambault. Comme dans Henri de Yolande Moreau, le film traite du handicap mais de manière un peu différente. Dans Henri c’était une relation entre une handicapée et quelqu’un de « normal » tandis qu’ici cela parle d’une relation entre deux personnes handicapés (déficience légère) mais aussi leur entourage. Gabrielle (Gabrielle Marion-Rivard) aime Martin (Alexandre Landry, primé au dernier festival de Locarno pour ce rôle). Le problème c’est que la mère de Martin n’est pas trop pour parce qu’ils sont différents. Comment gérer l’amour entre deux personnes handicapées ? Ce sont les questions que certains se posent et cela n’est pas forcément évident.

 

Le film est vraiment universel et très touchant. Le thème abordé et les situations qui en découlent ne laissent pas indifférent le spectateur. On n’est pas dans le pathos pour autant car la réalisatrice n’essaie pas de faire larmoyer les gens pour autant mais c’est juste par la simplicité des personnages qu’on est touché en plein cœur. Simplicité, pas dans le sens péjoratif mais bien dans le sens où ce ne sont pas des personnages qui ont été scénarisés à outrance et tant mieux. Ce sont parfois les choses les plus simples qui touchent le plus.

 

Extrait de Gabrielle de Louise Archambault (2013)
Extrait de Gabrielle de Louise Archambault (2013)

Si le film est si touchant, c’est évidemment en grande partie grâce aux personnages et donc grâce aux acteurs qui les ont interprétés. Gabrielle est interprétée par Gabrielle Marion-Rivard qui a réellement une légère déficience mentale. Elle est du coup très crédible dans ce rôle qui lui va comme un gant. Sa différence est dans ce film une vraie force car cela lui donne une petite naïveté et une authenticité intéressante. Son partenaire, Alexandre Landry, joue le rôle de Martin. Il a d’ailleurs été récompensé au dernier festival de Locarno pour ce rôle, ce qui n’est pas rien pour un jeune acteur comme lui. Contrairement à Gabrielle Marion-Rivard, il n’a pas de légère déficience mentale dans la réalité. C’est un détail à ne pas oublier, surtout quand on voit sa prestation, prestation qui mérite amplement le prix gagné à Locarno. Le reste du casting n’est pas en reste non plus. Robert Charlebois y fait même une apparition et chante son fameux tube Lindbergh. A noter que Gabrielle Marion-Rivard et Alexandre Landry ont eu une mention spéciale au palmarès du dernier FIFF de Namur.

 

En conclusion, tout le monde, qu’il soit sensible à la cause de personnes handicapées ou pas, ne peut qu’être touché par cette œuvre singulière qui traite son sujet de manière admirable.