Action, Critiques de films

Critique : Ghost Rider – L’Esprit de Vengeance, de Mark Neveldine et Brian Taylor

Après le certain essoufflement des héros de comics l’an dernier, 2012 s’ouvre sur Ghost Rider 2, un pseudo délire d’un duo de réalisateurs (Mark Neveldine et Brian Taylor) et mené tambours battants par le bankable Nicolas Cage. On aurait pu s’en passer

Danny, jeune garçon porteur d’une prophétie, suscite la convoitise de Roarke, un homme mystérieux possédant de grands pouvoirs. On fait alors appel à Johnny Blaze pour se lancer à la recherche de l’enfant en lui proposant comme récompense de le libérer de son alter ego, le Ghost Rider. Poussé par le désir de lever sa malédiction et celui de sauver le garçon, le Rider parviendra-t-il à s’affranchir de la menace de Roarke ?

Au commencement, il y avait un personnage de comic-book, créé par Gary Friedrich et Mike Ploong en 1972, dont les aventures étaient publiées aux Editions Marvel Comics. Comme tout bon super-héros qui se respecte, le Rider débarque sur grand écran en 2007, sous la direction de Mark Steven Johnson, avec Nicolas Cage – qui s’offrait au passage Eva Mendes – dans le rôle principal. Doté d’un beau budget de 150 millions, le film fonctionne relativement bien aux États-Unis et dépasse le million d’entrées en France. Mais il a bien fallu attendre quatre ans avant le retour du motard enflammée. Avec un budget deux fois moins important (75 millions tout de même, ça fait moins blockbuster), Ghost Rider : l’Esprit de Vengeance accuse de nombreux défauts, qui laissent aussi comprendre pourquoi il a fallu tant de temps pour voir naître une suite à un premier déjà bien mauvais. Il fallait être au même niveau, et ce n’est pas une mince affaire.

Pour se faire, les réalisateurs que l’on imagine exténués après de longues heures de réflexion, ont décidé de faire un « se-boot », étrange concept qui consiste à se coincer entre le reboot (un nouveau départ en quelque sorte) et une séquelle (la suite). Notre héros en feu va donc changer sa façon de voir les choses : il va désormais sauver des gens !

Pas besoin d’avoir vu le premier opus, tout est expliqué de la manière la plus simpliste possible. Au cas-ou vous seriez un neuneu de première, un peu largué par ces histoires de pacte avec le diable qui aurait pris une forme humaine, et souhaiterait ici récupérer un petit garçon (véritable tête à claque au passage) et… Non il vaut mieux taire le seul intérêt vadorien de ce film. Pour arriver à rendre le nanard efficace, les dialogues sont servis à la volée, jamais crédibles et toujours sur-joués. A l’instar de ce « Ça va? » lâché par le rider Nicolas Johnny Blaze Cage à cette belle demoiselle de l’est qui va probablement voir son gamin mourir. On rit. Mais jaune. Tout comme lorsque le rider blazant tente une approche paternelle auprès de la tête à claque, qui lui demande alors : « mais comment fais-tu pour pisser quand t’es en feu ? » Le Cage rétorque alors « ça fait comme un lance-flamme » en mimant le geste. Se lance alors une énième animation (à la ressemblance comics bien dégueulasse) ou le rider pisse du feu sur fond noir genre « j’arrose mon jardin » et tourne face caméra en acquiesçant de la tête style « t’as vu mec? »

En somme tout le film surfe sur cette ambiance déplorable, pensant nous faire avaler son film sous l’excuse « c’est un délire t’as rien compris ». Quand le délire coûte aussi cher, on est peut-être en droit de demander plus qu’un pauvre Cage ne sachant plus où se foutre ou Ciaran Hinds qui accumule les grimaces pour donner du relief à son personnage. Le rythme frôle l’ennui tandis que les ficelles deviennent des cordes de marins. Pour couronner le tout, nos deux nerveux réalisateurs se payent le luxe de tourner leur film en 3D (et pas de conversion en post-production, c’est tout à leur honneur) sans que le relief n’embellisse pour autant le film, notamment dans sa profondeur. Dans cette cacophonie cheapos, Idris Elba (déjà présent dans Thor) est le seul a tenir correctement sur la longueur. Logique, on ne le voit que très rarement, et ses interventions arrivent au bon moment pour redonner des couleurs à un film qui a parié sur des chiasseuses façon Twingo. Reste tout de même une musique rock plaisante, collant bien a l’ambiance.

Conclusion: il y a bien d’autres plaisirs aussi savoureux et délicat à dévorer en salles que le presque infâme Ghost Rider : l’Esprit de Vengeance. Oui, il y a Voyage au centre de la Terre 2.

La blague Ghost Rider 2 ne surprend guère. Pas de rythme, pas de délire ni de fight mythique. Nicolas Cage poursuit sa moisson de nanards. Mais jusqu’où ira t-il ?