Comédie, Critiques de films

Critique : Il était une fois, une fois, de Christian Merret-Palmair

Le phénomène belge sur les écrans français continue. C’est un français, Christian Merret-Palmair, qui a réunit un casting très belge autour de François-Xavier Demaison, et signe une assez sympathique comédie-parodie belge. Sans être inoubliable.

 

Affiche du film Il était une fois, une fois, de Christian Merret-Palmair
Affiche du film Il était une fois, une fois, de Christian Merret-Palmair

 

 

 

Willy Vanderbrook, brillant Franco-belge devenu citoyen du monde, est sollicité pour un poste de concierge dans un grand palace parisien. Il est accueilli par un ami d’enfance, Serge Luyperts, limonadier désabusé qui héberge son ex-beau frère, Frank Vrut, indépendantiste Wallon gentiment psychopathe. La candidature de Willy – recalé pour délit de belgitude – va le contraindre, lui et ses compatriotes, à une imposture absurde et « royalement » revancharde…
En se faisant passer pour l’héritier de la couronne belge, Willy et sa bande déclenchent une série de joyeux débordements dans le cinq étoiles qui attire rapidement l’attention de Jessica, une intrigante professionnelle. Mais, pensant séduire le futur « roi des belges », elle va se frotter à plus fort qu’elle.
Ce détonateur burlesque entraîne alors le trio « made in plat pays » dans une escroquerie aussi conséquente qu’hasardeuse.

 

 

Le projet de départ semblait hasardeux. Jouer des culturalismes locaux, de ses particularités. Balancer sur la table la carte de la parodie pour amuser un public demandeur, surtout depuis le succès de Bienvenue chez les Ch’tis. Dans une moindre mesure, cela fonctionne, bien que ce soit dans le fond très poussif, lourdingue, et bien sûr déjà-vu. Merret-Palmair peut au moins se targuer d’une chose : son film est plus amusant (voir presque intelligent) que l’homologue de Dany Boon, si comparaison il y avait à faire.

 

Cette comédie « belge » se dote d’une histoire dont le clin d’œil à la saga Ocean est évident. Et c’est bien là sa force principale. Car dans ce scénario sans queue ni tête, où un Belge est convaincu d’être un victime de la ségrégation régionale (« tu es belge, tu es donc peu crédible, mauvais, inutile »), la constante d’un humour assumé finit par faire mouche. On sent quelques lourdeurs, un humour pesant, et certaines difficultés à faire rire se font sentir. Puis, on se décrispe. Allez quoi, il faut se libérer, se mettre à la hauteur du film, si difficile soit-il à faire pour certains. C’est alors que notre comédien originaire d’Asnières, tributaire de Bitou le Castor (ou est-ce l’inverse) commence à nous faire rire avec ses acolytes. Alors pas autant que lorsqu’il est un PDG engagé dans Moi Michel G. Mais tout de même. C’est sur des scènes improbables (une rencontre avec Stéphane Bern à en devenir mythique) que le film gagne quelques points. Son scénario est suffisamment ficelé pour tenir le rythme sur l’ensemble, les thématiques brassent larges et peuvent toucher.

 

Extrait du film Il était une fois, une fois (2012)
Extrait du film Il était une fois, une fois (2012)

 

 

L’histoire d’Il était une fois une fois part d’un fait bien réel. Christian Merret-Palmair raconte : « Un jour, après avoir pris un sens interdit en voiture, il [son collaborateur belge Charly Delwart] s’est logiquement fait arrêter par les flics. Et, là, avec son plus bel accent, il leur a juste dit : « écoutez, je ne comprends pas votre ville ! » Le flic a alors appelé son collègue et fait répéter Charly. Et tous les deux, morts de rire, l’ont laissé repartir… Et en partant de cette histoire, on a eu envie de raconter comment des Belges peuvent prendre leur revanche sur des Français en jouant avec la manière dont on peut parfois les prendre de haut et se moquer d’eux. » Avec un tel point de départ, il y avait possibilité d’exploiter le filon belge jusqu’à épuisement, puisqu’après tout, personne ne l’avait fait sur la longueur. Entre les blagues belges –introduites d’une façon plutôt discutable- les accents ou encore la culture belge et les oppositions face aux Français, une comédie d’1h35 pouvait assez aisément plaire au public. Naît alors un concept, la belgitude, clin d’œil à tous ces concepts récents et pour le moins idiots (bogossitude par exemple) et d’en faire une sorte de marque de fabrique assumée. Le ridicule ne tue pas, mieux il amuse parfois, comme le montage photoshop de l’affiche promotionnelle, très cheapos. Alors pourquoi dire que c’est raté ?

 

 

L’avis : Une comédie relativement sympathique, parfois lourde, qui n’ira pas faire des vagues dans le box-office mais devrait au moins amuser les aficionados du genre.