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Critique : In Another Country, de Hong Sang-soo

Isabelle Huppert devient la muse de Hong Sang-soo pour son dernier long métrage, In Another Country.

 

Affiche du film In Another Country de Hong Sang-soo
Affiche du film In Another Country de Hong Sang-soo

 

 

Dans un pays qui n’est pas le sien, une femme qui n’est à la fois ni tout à fait la même ni tout à fait une autre, a rencontré, rencontre et rencontrera au même endroit les mêmes personnes qui lui feront vivre à chaque fois une expérience inédite.

 

Au début de l’année, nous quittions le cinéaste sud-coréen avec Matins calmes à Séoul, réflexion solitaire sur un cinéaste de seconde zone, tout ce que Hong Sang-soo pourrait finalement être. Mais plébiscité à outrance par le Festival de Cannes dont il a fait sa deuxième maison (8 films présentés toutes sélections confondues), Hong Sang-soo est un cinéaste prolifique qui derrière son cinéma minimaliste dévoile un réalisateur hors pair capable du pire comme du meilleur. La cinéphilie, elle, accroche. Rohmer des temps modernes, Hong Sang-soo a fait de son style un incontournable actuel. Des plans fixes, des dialogues plus simplistes tu meurs et des thématiques universelles. Pour In Another Country, c’est l’amour et ses variations, interprété par une Isabelle Huppert de tous les plans, tour à tour sublime et ennuyeuse. Qui mieux que cette actrice toute aussi prolifique pour incarner la muse d’Hong Sang-soo à l’écran. In Another Country apparaît comme un montage habile de trois courts métrages, d’une longueur semblable. Un lieu, Mohang-ni, réputé pour être dangereux, où une européenne vient passer quelques heures, croisant à trois reprises le regard d’un maître-nageur – dont le métier n’a de vérité que le tee-shirt – et met en doute ses sentiments. Isabelle Huppert, théâtrale au possible, incarne les trois européennes amoureuses, lunatiques, désirables et se retrouve, à l’instar d’une scène très symbolique, face à ses choix. Sur un plan de dos, la femme se retrouve à une intersection où elle doit choisir sa destinée. Une sorte de gag pour illustrer un film irrégulier, sorte de marivaudage élégant, subtil et en même temps lourd et sans folie.