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Critique : Insaisissables, de Louis Leterrier

Un tour de magie qui se voulait impressionnant et dont on sort éreinté. Mais pourquoi ?

 

Affiche du film Insaisissables, de Louis Leterrier
Affiche du film Insaisissables, de Louis Leterrier

 

 

« Les Quatre Cavaliers », un groupe de brillants magiciens et illusionnistes, viennent de donner deux spectacles de magie époustouflants : le premier en braquant une banque sur un autre continent, le deuxième en transférant la fortune d’un banquier véreux sur les comptes en banque du public. Deux agents spéciaux du FBI et d’Interpol sont déterminés à les arrêter avant qu’ils ne mettent à exécution leur promesse de réaliser des braquages encore plus audacieux. Ils font appel à Thaddeus, spécialiste reconnu pour expliquer les tours de magie les plus sophistiqués. Alors que la pression s’intensifie, et que le monde entier attend le spectaculaire tour final des Cavaliers, la course contre la montre commence.

 

 

Chouette, Louis Leterrier, agacé par le manque de liberté aux côtés des grands studios après ses déboires sur L’Incroyable Hulk et Le Choc des Titans, prend son envol. Le rejeton de l’école Besson s’est imposé à Hollywood comme un cinéaste adepte du grand spectacle, et qui plus est (même si parfois ça ne s’est pas vu, puisque coupé au scénario) fourmille de bonnes idées narratives, de mise en scène. Bref, quand Insaisissables voit le jour, on se dit à juste titre que Louis Leterrier est peut-être au pied de la consécration. Le box-office lui a donné raison, la critique un peu moins. Parce qu’il vrai qu’Insaisissables, derrière son difficile sujet (la magie, un sous-genre obscur qui ne plaît qu’à Hollywood et encore), est un film laborieux, certes spectaculaire, porté par un casting cinq étoiles, mais vigoureusement sabordé par un scénario volontairement complexe mais qui ne dit rien.

 

Extrait du film Insaisissables (2013)
Extrait du film Insaisissables (2013)

 

Dans ce spectacle, où l’intelligence de Leterrier se résume à dire aux spectateurs de ne pas s’approcher trop près du tour de magie pour ne pas se faire berner (ce qui fonctionne relativement bien dans un premier temps), on n’en ressort pas indemne. Outre un scénario cérébral et alambiqué, où les twists s’enchaînent sans nous toucher une seconde tant la bouillie narrative a eu raison d’une cervelle qui ne répond plus de rien, le casting est aussi irrégulier que ce qu’Insaisissables tente de masquer. Les haters s’en prendront volontiers à Mélanie Laurent, frenchie à l’accent prononcé qui donne la réplique à un laborieux Mark Ruffalo grimé en enquêteur du FBI (le mec enfin heureux d’être avec Leterrier après avoir été rejeté du premier Hulk… nous offre cette superbe composition, on en tombe !), mais que dire des performances agaçantes de Jesse Eisenberg, formatées pour Morgan Freeman, de potiche pour la jolie Isla Fisher. Dans ce barnum pourtant pas si désagréable visuellement – les Quatre Cavaliers sont complémentaires et sexy, ça passe mieux – seuls Woody Harrelson et Dave Franco tirent leur épingle du jeu, le premier en ressortant du placard ce potentiel comique qu’il manipule toujours aussi bien (remember Seven Psychopaths), le second en bad-boy copie de James Franco, son grand frère.

 

 

L’avis : Si à la sortie de la salle, la tête dans le coltard, on aimerait dire qu’Insaisissables est un sacré coup de maître qui relève de la magie cinématographique, mais on déchante assez rapidement. Le divertissement est assuré, la forme convient (même si Leterrier ne lâche pas sa caméra tournoyante tel un show à l’américaine), mais le scénario et le casting déçoivent.