Comédie, Critiques de films

Critique : Jack & Julie, de Dennis Dugan

Lorsque l’un des comiques américains des plus populaires s’amuse à se dédoubler pour parodier la relation entre jumeaux, cela donne un Jack & Julie plus irritant que passionnant.

 

Affiche du film Jack & Julie, de Dennis Dugan
Affiche du film Jack & Julie, de Dennis Dugan

 

 

 

L’existence de Jack frise la perfection. Sa vie serait idéale s’il n’y avait pas sa sœur, Julie. Chaque année, son envahissante jumelle débarque pour Thanksgiving et lui pourrit la vie. Cette fois, la panique est d’autant plus grande qu’elle prolonge son séjour et s’installe pour un mois. Entre guerre des tranchées et chamailleries, le quotidien des jumeaux est explosif. Lorsqu’il devient évident que Julie ne compte pas repartir, Jack décide d’échafauder les plans les plus délirants pour la renvoyer à l’autre bout du pays. Et quand on dit qu’il est prêt à tout, il faut s’attendre au pire…

 

 

Jack & Julie commence sur des témoignages de jumeaux/jumelles, sur le rapport entre les deux personnes, leurs relations, souvenirs, jusqu’à la comparaison « être jumeaux, c’est comme un couple marié ». Suit alors un enchaînement d’amusantes images d’archives avec comme fond sonore I Got You Babe de Sonny & Cher, un des hymnes de l’épopée pop des sixties. C’est donc cette introduction qui doit symboliser la relation qui unit Jack et Julie. Une relation entre répulsion et amour qui est sensée amener des gags à déclencher le fou rire, et quelques bons sentiments flirtant avec le pathos ambiant. A l’image de l’introduction, vous dit-on. Sauf que cela fonctionne assez mal sur la longueur, et seuls quelques gags déclenchent des trop rares sourires.

 

Pour ce film, c’est Adam Sandler qui se paye un dédoublement de luxe puisqu’il interprète à la fois Jack et Julie. Crédible en homme, il l’est beaucoup moins en femme où il surjoue d’une manière assez explicite. Loin d’être à classe au niveau de performances folles ou torturées comme celles de Jeremy Irons (Faux-semblants). D’autant qu’il s’agit d’un challenge intéressant pour Adam Sandler qui est un des comédiens les plus populaires aux Etats-Unis. Sa performance n’a d’égale qu’un scénario bien limité qui s’en remet à l’humour pipi-caca qui fait souvent le charme du genre Apatow. A l’image d’un film qui aligne de nombreuses longueurs, dès les premières minutes. Le seul intérêt n’est pas la présence de Gad Elmaleh en cuistot, mais bien une intervention d’Al Pacino dans son propre rôle, plutôt savoureuse (clin d’œil aux Oscars par exemple).

 

 

L’avis : Time a considéré ce film comme le plus mauvais de l’année 2011. A méditer…