Comédie, Critiques de films

Critique : JC comme Jésus Christ, de Jonathan Zaccaï

Le bon pote du cinéma français Jonathan Zaccaï tente une nouvelle approche du monde dans lequel il évolue. Il y parodie un jeune cinéaste-ado talentueux dans la peau du très à la mode Vincent Lacoste. Savoureux ou non ?

 

Affiche du film JC comme Jésus Christ, de Jonathan Zaccaï
Affiche du film JC comme Jésus Christ, de Jonathan Zaccaï

 

 

Une Palme d’Or à 15 ans, un César à 16, cette année JC passe le bac…  Jean-Christophe Kern, dit JC, n’est pas un adolescent comme les autres. Mélange de Jean-Luc Godard et Justin Bieber, à 17 ans il navigue entre ses Miel Pops devant la télé après l’école et une vie professionnelle digne d’un Stanley Kubrick.

 

 

Prétentieux ce JC. Ou bien prétentieux ce JZ. Jonathan Zaccaï, tête appréciée dans l’univers de la comédie bon public, apprécié dans des registres noirs (De battre mon cœur s’est arrêté) ou comiques (Plus beau jour de ma vie). Pour son premier long métrage, le désormais acteur-réalisateur belge se paye une petite réflexion sur le monde du cinéma, avec un enchaînement de petites scénettes (drôles) montées à l’emporte-pièce. Il paraît que c’est aussi original et amusant qu’attachant. Oui mais voilà, c’est bâclé. Le scénario a été écrit au mois de novembre 2010, suivi du tournage en février 2011, lequel a été bouclé en deux semaines ! Ne riez pas encore, le montage a été effectué en un mois par la suite. Le tout pour un budget pas franchement bobo : 800 000 euros. Soit. Un film à la production peut aussi s’avérer être une belle œuvre, limpide, voir improvisée. JC comme Jésus-Christ est loin de tout cela. Dès les premières minutes, les dialogues lâchent leurs premiers blancs. Il y bien un point de vue –celui de montrer un talent précoce dont la croissance est loin d’être terminée, avec tout ce que cela implique- mais derrière le pitch de départ –à la limite- intéressant, le film n’a pas grand-chose à proposer.

L’enchaînement de sketchs où Vincent Lacoste est censé briller accuse un essoufflement empirant au fil des minutes qui s’égrènent. Pire encore, notre film ne dit rien. A l’instar de Vincent Lacoste, dont le jeu se trouve aussi bien vite limité. Derrière ses petites lunettes de star, la jeune révélation des Beaux Gosses peinent à déclencher le rire. Il se tente à la parodie, à la caricature, au pastiche, voir même à l’ironie, sans pour autant les maîtriser d’une façon pertinente et régulière. Le scénario joue pour lui clairement, mais Lacoste lui renvoie l’ascenseur avec autant de brio. En même temps, quand on est considéré comme une « muse » par l’acteur-réalisateur Jonathan Zaccaï, difficile de prétendre à mieux. Côté mise en scène, ce vrai-faux documentaire s’embourbant dans la vie de JC Kern sert de prétexte à servir cette comédie qui se voulait fantaisiste, qui finit par en manquer. Restent quelques petites tentatives bien senties, des tacles gentillets sur Grasset et ses publications ridicules, la riche Warner et ses choix de cinéastes parfois douteux, les grandes récompenses internationales ou encore le faux-caméo final de Jean-Luc Godard.

 

 

L’avis : Une comédie caricaturale -presque- inutile et creuse. Il y avait dans ce concept fantaisiste beaucoup de choses à dire sur la planète cinéma et ses coulisses. La léthargie nous gagne bien plus vite que les sourires, malgré quelques petits éclairs pertinents lorsque notre second degrés daigne les accueillir. Au lieu de se froisser avec un monde qu’il semble critiquer, JC comme Jésus Christ reste à la surface de son sujet et souffre d’un traitement laborieux.