Critiques de films

Critique : Jeanne Captive, de Philippe Ramos

Une énième relecture de la légendaire Jeanne d’Arc sort au cinéma. Cette fois-ci, son réalisateur Philippe Ramos opte pour une version intimiste. Bon choix ?

 

Affiche du film Jeanne Captive, de Philippe Ramos
Affiche du film Jeanne Captive, de Philippe Ramos

 

À l’automne 1430, Jeanne d’Arc, prisonnière d’un puissant seigneur du nord de la France, est vendue aux Anglais. Entre les murs qui l’enferment, le temps d’un convoi longeant la mer ou près du bûcher qui la verra périr, des hommes tentent d’approcher cette jeune femme porteuse d’infini.

 

 

Jeanne d’Arc au cinéma, cela reste encore pour beaucoup la version de Luc Besson en 1999 avec Milla Jovovich dans le rôle-titre. Le sujet a été rabâché à toutes les sauces, mais cela n’empêche pas que la pucelle de Lorraine alimente encore les fantasmes de réalisateurs cherchant à percer le mystère de ce personnage hors-norme qui a marqué l’Histoire de la France. C’est au tour de Philippe Ramos (L’Arche de Noé, Capitaine Achab) de s’emparer du sujet avec Jeanne Captive. Mais au lieu de faire un film épique bourré d’effets spéciaux, il a préféré opter pour quelque chose de plus intimiste, centré autour de la psychologie du personnage et sa vie de prisonnière. Philippe Ramos centre son histoire vers la fin de la vie de Jeanne, en 1430, suite à l’épisode du saut de la tour où la jeune fille se trouvait enfermée. Sa volonté : nous pousser à aller à la rencontre de la femme qui se cache sous cette armure, symbole masculin par excellence. Le film suit en fil rouge la captivité de Jeanne d’Arc et la relation que les hommes qui s’en approchent ont avec elle (dégoût, pitié, fascination, amour). Veut alors se dégager du film une forme de poésie, dans la recherche des émotions. Sauf que peu d’émotions arrivent à sortir et à nous parvenir, de même que cette poésie plus soporifique que touchante. Il nous reste tout de même un film techniquement assez sympathique, avec une maîtrise des plans et cadres et un jeu sur la lumière qui ne peut pas plaire à tout le monde, mais qui a au moins le mérite de permettre au film de se détacher un peu de sa platitude scénaristique.

 

Extrait du film Jeanne Captive (2011)
Extrait du film Jeanne Captive (2011)

 

Ramos signe un film toutefois bien insipide. Avec un rythme très lent et beaucoup de belles phrases pour ne pas dire grand-chose, ce Jeanne Captive est loin de nous captiver. Il y a bien des idées intéressantes pour pénètre dans le huit-clos de la vie de captive de Jeanne, mais tout cela est bien éphémère et moindre lorsqu’arrive l’heure des bilans. Jeanne Captive est un film lent, mou, sans réelle folie ni propos intéressants. La performance des acteurs reste classique, y compris pour Clémence Poésy dans le rôle de Jeanne d’Arc, ou même pour Thierry Frémont, toujours attrayant dans ce genre de personnage. En revanche, on ne comprend pas la mention en acteur important de Mathieu Amalric, lui qui apparaît sur le dernier quart d’heure et nous saoule plus qu’il n’intéresse avec son personnage proche de l’hystérie fanatique.

L’avis : Le cinéma français aime tourner autour d’un de ces grands mystères historiques qui abreuvent les réalisateurs en tous genres. Philippe Ramos s’intéresse donc à Jeanne d’Arc dans sa période captive. Cela offre un film intimiste mais très insipide, sans réel rythme ni présence d’acteurs. Ne se détachent alors que la douceur d’une musique médiévale assez récurrente et la beauté de certains cadres. Pas réellement suffisant pour susciter l’adhésion.