Action, Comédie, Critiques de films

Critique : Kick-Ass 2, de Jeff Wadlow

Matthew Vaughn cède sa place à Jeff Wadlow, la franchise Kick-Ass perd en intérêt avec un second opus en deux temps, ultraviolent et inégal.

 

Affiche du film Kick-Ass 2, de Jeff Wadlow
Affiche du film Kick-Ass 2, de Jeff Wadlow

 

Kick-Ass, Hit Girl et Red Mist sont de retour pour le second volet de l’irrévérencieux pastiche de film de super-héros Kick-Ass 2. L’audace insensée de Kick-Ass (Aaron Taylor-Johnson) a inspiré une pléthore de vengeurs masqués autodidactes, le Colonel Stars & Stripes (Jim Carrey) en tête, auxquels notre héros va s’allier pour patrouiller les rues de la ville et assurer la sécurité générale. Mais quand Red Mist (Christopher Mintz-Plasse), réincarné en Motherfucker, décide de s’attaquer à ces super-héros amateurs, seuls les sabres acérés de Hit Girl sauront les sauver de la destruction.

 

 

 

Fort d’un premier succès intriguant, Universal a rempilé pour un second Kick-Ass, suite directe au premier volet. Exit Matthew Vaughn passé contractuellement en producteur exécutif, bienvenue Jeff Wadlow, type encore méconnu du grand public qui a déjà séduit dans le genre action, avec Never Back Down et ses scènes stylisées. Lui confier la réalisation de Kick-Ass 2 n’avait rien d’un pari audacieux, même si le garçon a réussi à imposer sa patte avec des combats fluides… presque trop même. Un style aseptisé, versant souvent dans la surenchère (le passage Hit Girl sur le toit du camion est assez explicite en la matière) qui prend la mesure de la place faite à l’ultraviolence exacerbée. Kick-Ass 2 n’est en rien choquant, puisque tout est suggéré plus qu’explicite, mais sa complaisance dérange. Si Chloë Grace Moretz disait en promo que le film montrait ce qu’il ne fallait pas faire, le scénario ne semble pas l’indiquer d’une manière aussi évidente pour un public jeune. Plus dérangeant encore, le faux clash de Jim Carrey épinglant la violence d’un film qui ne veut plus supporter… alors que cette même violence ne l’avait pas dérangé au moment de parapher son contrat.

 

Extrait du film Kick-Ass 2 (2013)
Extrait du film Kick-Ass 2 (2013)

 

 

Au-delà du buzz et autres polémiques soulevées par le film, que vaut ce Kick-Ass 2. Dans la lignée du premier opus, il propose son lot de fulgurances comiques, de clins d’œil geeks, d’auto-dérision et de scènes de combats impressionnantes. Après une longue mise en place, des dialogues parfois répétitifs (notamment sur la condition de super-héros de Hit Girl dont l’émotion est déblayée à la truelle), Kick-Ass 2 perd subitement de son allant et de sa pertinence humoristique après l’éviction d’un personnage-clé. Un film d’action caricaturale en deux actes, le premier amusant, offrant quelques bonnes séquences salvatrices, et le second très brouillon, inintéressant dans les textes, grossier dans l’action. Un véritable gâchis que personne ne sauve, pas même Jeff Wadlow dont la mise en scène ne semble guère très inspirée.

 

 

L’avis : Universal pourrait (ou devrait) en rester là avec la franchise Kick-Ass. Le premier chapitre avait probablement montré tout ce qu’il était bon de voir, mais le second ne propose rien de plus original, n’offrant guère plus de divertissement bad-ass. On reste globalement déçu par une suite que l’on attendait, et qui malgré ses quelques fulgurances, n’est pas à la hauteur de l’attente qu’aurait pu provoquer le premier volet en 2010. Si tant est qu’il y ait une attente.