Critiques de films

Critique : La Femme du Vème, de Pawel Pawlikowski

Sept ans après son dernier film My Summer of Love, Pawel Pawlikowski adapte le roman de Douglas Kennedy et signe La Femme du Vème avec Ethan Hawke et Kristin Scott Thomas.

Affiche du film La Femme du Vème, de Pawel Pawlikowki
Affiche du film La Femme du Vème, de Pawel Pawlikowki

Tom Ricks, romancier américain, la quarantaine, vient à Paris dans l’espoir de renouer avec sa fille. Mais rien ne se passe comme prévu : démuni, logé dans un hôtel miteux, il se retrouve contraint de travailler comme gardien de nuit. Alors qu’il croit toucher le fond, Margit, sensuelle et mystérieuse, fait irruption dans sa vie. Leur relation passionnée déclenche une série d’évènements inexplicables, comme si une force obscure prenait le contrôle de sa vie.

 

Douglas Kennedy est réputé pour faire des thrillers de qualité, Pawel Pawlikowski pour faire des films sacrément bien écrits, en témoigne les derniers Last Resort et My Summer of Love. Il adapte ici un roman, chose pas franchement facile, et raconte l’histoire d’un homme qui se croit être au fond du trou lorsqu’une femme mystérieuse fait irruption dans sa vie pour laquelle il va tomber amoureux. C’est Ethan Hawke qui interprète ce rôle d’écrivain et père à la dérive qui se retrouve dans un Paris miteux. Il quitte son costume de sex-symbol hollywoodien pour signer une performance intimiste, intéressante. Il donne la réplique à Kristin Scott Thomas (Margit) qui provoque d’étranges phénomènes dans la vie de Tom. Le film de Pawlikowki nous parle donc d’amour fugace et volatile, mais en même temps profondément intense… Mais jusqu’à quel point ? Sans livrer l’intrigue du film, nous avons donc plus à faire à une chronique dramatico-romantique qu’un réel thriller, devenu une sorte d’arrière-plan. Et c’est bien là le défaut de ce film qui s’avère plus brouillon que pertinent.

 

Extrait du film La Femme du Vème (2011)
Extrait du film La Femme du Vème (2011)

A l’image d’une fin un peu bâclée et une conclusion difficile, La Femme du Vème garde pour seul intérêt le face-à-face troublant entre ces deux acteurs. L’histoire nous promène, Palikowski cadre avec talent, filme un Paris de clichés plutôt intéressant et dote son film d’un côté sombre mais qui ne fait pas parvenir ce fantastique aussi bien qu’un roman de Douglas Kennedy ne sait le faire. Pourtant il a réécrit son histoire au fil des scènes, comme l’écrivain déchu qui reprend l’inspiration en bossant comme garde de nuit. Un point de départ, deux ou trois personnages et le travail littéraire est lancé. L’écriture est belle et limpide, témoigne bien de cette spirale négative dans laquelle l’homme est entraîné. Mais cela cache également un manque de clarté, un mélange des genres pas toujours assumé et quelques longueurs. On est en revanche touché par la situation de départ d’un père tentant de récupérer sa fille, et qui s’enfonce un peu plus à chaque acte.

 

L’avis : Un Ethan Hawke séduisant en père déboussolé et une Kristin Scott Thomas mystérieuse et sensuelle peuvent servir à être le seul intérêt de ce thriller romantique servi par Pawel Palikowski. Il n’en reste pas moins un film brouillon et inachevé, en témoigne ces difficultés à conclure, et un ensemble qui manque d’un souffle d’émotion et de folie cumulée.