Comédie, Critiques de films, Romance

Critique : La Stratégie de la poussette, de Clément Michel

La nouvelle année débute par une comédie légère sans prétention portée par un duo de comédiens charmants.

 

Affiche du film La Stratégie de la poussette, de Clément Michel
Affiche du film La Stratégie de la poussette, de Clément Michel

 

Thomas a laissé partir Marie, à force de ne pas s’engager.
Un an plus tard, toujours inconsolable, il se retrouve avec un bébé sur les bras.
Il va se servir de cet enfant pour reconquérir la femme de sa vie…

 

 

Dans le nouveau film de Clément Michel, premier long-métrage pour le jeune cinéaste, tout est question de stratégie. En fiction comme en réalité. Le peu d’histoire présent est explicite : un jeune homme instable mais plutôt beau gosse (Raphaël Personnaz) se retrouve avec un bébé sur les bras et décide d’utiliser le bambin pour reconquérir son ex (Charlotte Le Bon), un an après la rupture du couple. Dans son passage à la réalité, La Stratégie de la poussette sort un 2 janvier, date à laquelle aucune superproduction, de près ou de loin, ne pointe le bout de son nez. Pour cette comédie sans prétention, c’est un pactole sympathique à ramasser dès la première semaine d’exploitation avant de, selon toute vraisemblance, plonger dans les bas fonds du classement dès que l’artillerie américaine aura dégainé ses premiers concurrents aux Oscars. Une bien belle stratégie qui pourrait permettre au film de séduire ses spectateurs, de faire parler de lui, et aux deux jeunes acteurs occupant les premiers rôles, de s’offrir une publicité non négligeable. D’autant que pour Raphaël Personnaz, plus que pour Charlotte Le Bon dont il s’agit du premier véritable rôle sur grand écran (elle est apparue dans le dernier Astérix), c’est l’occasion de briller dans un registre où l’acteur ne s’est encore jamais exprimé. Pour celui que l’Académie des César avait, à juste titre, nommé au titre du Meilleur espoir masculin en 2011 (qui échouera finalement à Edgar Ramirez), c’est la première étape d’une année 2013 bien chargée alors que pointe déjà la sortie sur nos écrans du film After, avec Julie Gayet.

 

Extrait du film La Stratégie de la poussette (2013)
Extrait du film La Stratégie de la poussette (2013)

 

 

Revenons à notre poussette, qui derrière ses atermoiements sentimentaux, peine à dynamiter le film. Malgré la légèreté assumée dans les dialogues comme dans l’action, La Stratégie de la poussette est un véritable exercice d’équilibriste. Les acteurs ne sont en rien des spécialistes du genre, et cela se ressent dès que le film accuse ses premières pertes de vitesse, après un lancement tout en rythme. Un jeu poussif et indécis qui se cale parfaitement dans ce que le premier long de Clément Michel postule à montrer. En cherchant à s’amouracher d’un style de romcoms US façon (500) jours ensemble croisé à 3 Hommes et un couffin revu et salement corrigé, La Stratégie de poussette perd autant sa crédibilité que le peu d’originalité qu’on aimerait lui donner. Finalement, tout repose sur le charme que dégage ce couple inattendu et aux sentiments dégagés. Sans réelle fulgurance, trop souvent linéaire et bien que timidement sympathique, La Stratégie de la poussette manque de puissance, de folie. Ni Jérôme Commandeur grimé en professeur de tennis énergique et boudiné, ni une Camélia Jordana aussi détestable en actrice qu’en chanteuse, n’arriveront à donner ce fameux élan attendu. Il n’y en aura pas plus à sauver dans un happy-end convenu ou une playlist commercialement aguicheuse.

 

 

L’avis : Derrière son ton léger et ses allures de romcom sans prétention, La Stratégie de la poussette déçoit par le manque d’ambition chronique et l’absence de folie. Outre le charme que dégage le couple Personnaz – Le Bon, il manque l’ingrédient qui dynamitera une action convenue et trop linéaire pour susciter des émotions plus concrètes. Trop scotchée à son propos initial, la comédie de Clément Michel accumule les longueurs, transformant ses gags en saynètes plus ou moins convaincantes et se complait un peu trop facilement dans le déjà-vu.