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Critique : La Vie rêvée de Walter Mitty, de Ben Stiller

La Vie rêvée de Walter Mitty nous invite à un voyage rempli de tendresse et de poésie, dans un film qui représente pour Ben Stiller, le sommet de sa carrière.

 

Affiche de La Vie Rêvée de Walter Mitty de Ben Stiller (2013)
Affiche de La Vie Rêvée de Walter Mitty de Ben Stiller (2013)

 

Walter Mitty est un homme ordinaire, enfermé dans son quotidien, qui n’ose s’évader qu’à travers des rêves à la fois drôles et extravagants. Mais confronté à une difficulté dans sa vie professionnelle, Walter doit trouver le courage de passer à l’action dans le monde réel. Il embarque alors dans un périple incroyable, pour vivre une aventure bien plus riche que tout ce qu’il aurait pu imaginer jusqu’ici. Et qui devrait changer sa vie à jamais.

 

Génération 90, Disjoncté, Zoolander, et finalement Tonnerre Sous Les Tropiques. En tant que réalisateur, Ben Stiller n’a pas encore l’aura, lui que l’on connaît mieux dans la peau du comédien, l’un des tout meilleurs aux Etats-Unis. Mais on lui reconnaît bien du talent et de l’audace, notamment pour Tonnerre Sous Les Tropiques, qui laissait imaginer le potentiel de ce type une fois qu’il aurait des moyens pour réaliser son projet.

 

Extrait du film La Vie rêvée de Walter Mitty (2014)
Extrait du film La Vie rêvée de Walter Mitty (2014)

 

Avec Walter Mitty, Ben Stiller s’empare d’un personnage de la culture américaine, une création de James Thurber remontant à 1939, et dont les aventures oniriques ont bercé de nombreux américains à travers les générations (un peu comme le Lone Ranger adapté cet été par Gore Verbinski), d’abord sur papier journal, puis ensuite sur le grand écran avec Norman Z. McLeod en 1947, et enfin dans la petite lucarne sous forme d’animation, dans les années 70 avec The Secret Lives of Waldo Kitty. Une première barrière se dresse sur le chemin de Ben Stiller, acteur archi-bankable (Mary à tout prix, La nuit au musée…) : comment adapter Walter Mitty au 21e siècle, sans tomber dans la débauche de moyen, les effets spéciaux, la naïveté d’une narration et des personnages clichés, comment financer l’ambitieux projet qu’il représente, et comment supporter pareil fardeau.

 

On pourra donc à nouveau saluer l’audace et le courage de Ben Stiller, mais pas seulement. En amoureux de cinéma, notre acteur-réalisateur répond à la fois aux codes du divertissement grand public, mais il nout fait également rêver, bouleverse (malgré la facilité de certaines lignes et une narration tout aussi évidente que débordante de bons sentiments) et réalise ce qu’on qualifiera d’une œuvre de Cinéma. Notez le grand C. Ben Stiller signe là un véritable film grand public, familial, une ode au spectacle, au libre-arbitre, à la nature, le tout dans une histoire aussi originale que poétique et singulière.

 

Extrait du film La Vie rêvée de Walter Mitty (2014)
Extrait du film La Vie rêvée de Walter Mitty (2014)

 

Ce destin d’un homme ordinaire appelé à se libérer de ses chaînes, s’évader d’un climat morose où la crise frappe les plus grands fondements de la culture américaine (le magazine historique Life), est plus que séduisant. Comme un miroir, on aperçoit aussi ce que nous sommes, nous, hommes ordinaires, calfeutrée dans une vie qui s’apparente à une routine dans laquelle il ne servira à rien de se débattre. Plus qu’une histoire d’amour, celle d’une célibataire qui en pince pour sa collègue de travail (la superbe Kristen Wiig, séduisante dans ce rôle légèrement hors comédie), La Vie rêvée de Walter Mitty est une magnifique quête initiatique à la fois universelle et singulière.

 

Extrait du film La Vie rêvée de Walter Mitty (2014)
Extrait du film La Vie rêvée de Walter Mitty (2014)

 

 

Le spectateur est entraîné dans une histoire à la fluidité rassurante, sans longueurs, enivré dans les décors qui se succèdent, des buildings new-yorkais aux terres groenlandaises, les volcans d’Islande, ou les montagnes rocheuses d’Afghanistan, autant de décors sublimés par la photographie de Stuart Dryburgh (La Leçon de piano). Le tout sur une bande-son qui invite Arcade Fire, Of Monsters & Men, Jose Gonzalez, Jack Johnson, Rogue Wave ou encore David Bowie.