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Critique : L’âge de glace – La dérive des continents, de Mike Thurmier et Steve Martino

Quatrième aventure pour nos animaux préhistoriques préférés et une nouvelle démonstration de force, à la fois esthétique et divertissante. L’âge de glace 4 est encore loin de sentir le réchauffé.

 

Affiche du film  L'âge de glace - La dérive des continents, de Mike Thurmier et Steve Martino
Affiche du film L’âge de glace – La dérive des continents, de Mike Thurmier et Steve Martino

 

 

Alors que Scrat poursuit inlassablement son gland avec toujours autant de malchance, il va cette fois provoquer un bouleversement d’une ampleur planétaire… Le cataclysme continental qu’il déclenche propulse Manny, Diego et Sid dans leur plus grande aventure. Tandis que le monde bouge au sens propre du terme, Sid va retrouver son épouvantable grand-mère, et la petite troupe va affronter un ramassis de pirates bien décidés à les empêcher de rentrer chez eux…

 

 

Dans ce quatrième épisode, si les continents dérivent, ce n’est pas le cas de cette franchise qui continue de jouir d’une intarissable créativité. Véritable pied de nez aux échecs de Shrek 4 et surtout le raté Madagascar 3 – ce dernier vient de lancer l’été des films d’animation – L’âge de glace 4 prône le divertissement dans une ligne directrice narrative et des épisodes qui s’enchaînent avec rythme et crédibilité. Cette quatrième aventure ne manque pas de piments, profitant du nouveau souffle apporté par le duo de réalisateurs et une flopée de nouveaux personnages plus ou moins excellents (la grand-mère de Sid est un petit bijou d’humour). Carlos Saldanha, sentant le vent tourner et des envies d’ailleurs a migré au Brésil pour y jouer son Rio, petite histoire bourrée de bonne humeur mais finalement très mineure. Il cède sa place à Steve Martino – l’homme a œuvré sur le film d’animation Horton – et Mike Thurmeier, un habitué de la maison qui avait notamment signé en 2006 No Time for Nuts au côté d’un certain Chris Renaud (Moi, moche et méchant, Le Lorax). Ce fin duo ne joue donc pas dans la cour des amateurs et démontre avec force détails un large panel de qualité. Visuellement, c’est toujours aussi enjoué et vif à l’instar d’une animation très fluide et sans faute.

 

Extrait du film L'âge de glace 4 (2012)
Extrait du film L’âge de glace 4 (2012)

 

L’âge de glace 4 continue également d’exalter l’humour et l’attachement autour de personnages centraux. Outre le trio habituel (Sid, Manny et Diego), le spectateur pourra retrouver aussi les excellents opossums débiles ou encore la non moins charmante fille d’Ellie et Manny, Peaches. Viennent se greffer via l’intrigue de nouveaux personnages, avec notamment une troupe de pirates portée par le sanguinaire chef de bande Gutt (doublé par Peter Dinklage, le Tyrion Lannister de Game of Thrones). Ces personnages, tous différents de nature et d’esprit, amènent une fraîcheur inespérée au moment où l’intrigue rejoue des passages de précédents opus (la destruction d’un glacier comme dans L’âge de glace 2 par exemple).

 

Extrait du film L'âge de glace 4 (2012)
Extrait du film L’âge de glace 4 (2012)

 

Avec beaucoup d’habilité, le fameux et délirant Scrat – que désormais la terre entière pourrait doubler – orchestre le film à coup de mini courts métrages imbriqués dans l’intrigue. Ces savoureux petits moments ne manquent ni d’intelligence, ni d’humour, à commencer par l’ouverture du film, où Scrat provoque la fameuse dérive des continents. Les passages scratiens jouent avec la nostalgie, l’esprit loufoque des gags et les clins d’œil évidents. L’ensemble très pétillant répond à merveille à l’aventure de nos héros, teintée également de nostalgie et d’éléments récurrents – la course-poursuite entre Diego et la tigresse Shira n’est pas sans rappeler celles que Diego provoque à chaque long métrage. Même la musique arrive à y trouver son compte, le titre « Master of Seas » en étant la parfaite incarnation. Pendant que l’action rejoue un Pirates des Caraïbes (Jusqu’au bout du monde pour être précis) à la sauce Préhistoire,  Le film aborde des thématiques universelles (la paternité, le sens des responsabilités, l’adolescence) alors que le fil conducteur de l’amitié s’est véritablement transformé en éloge de la famille. C’est grâce à ses liens soudés et une intelligence indéniable que la franchise arrive à garder son pouvoir d’attraction et a, contre toute attente, nous séduire avec une facilité déconcertante.

 

 

L’avis : Humour et divertissement de haute volée sont au programme des retrouvailles avec la grande et belle famille de L’âge de glace. C’est avec un plaisir non dissimulé que se déroulent ses retrouvailles dans un quatrième opus rythmé, coincé entre nostalgie, petit vent de fraîcheur et humour sans fausse note, Scrat en étant le principal responsable. Cela fait déjà plus de dix ans que la saga a pris son envol – le premier opus de Chris Wedge et Carlos Saldanha date de 2001 – et il semble évident que la franchise n’a pas fini de nous étonner !