Action, Critiques de films

Critique : Le Dernier Diamant de Eric Barbier

Un vol de diamant dans la capitale mondiale Anvers exécuté par Attal, c’est alléchant.

 

Affiche de Le Dernier Diamant d'Eric Barbier (2014)
Affiche de Le Dernier Diamant d’Eric Barbier (2014)

Eric Barbier, réalisateur de Le Serpent déjà avec avec Clovis Yvan Attal, s’attèle à un vol spectaculaire de diamant à Anvers, capitale mondiale du diamant. Simon Carrerra (joué par Yvan Attal), excellent voleur, est réclamé par une bande organisée pour faire le casse du siècle. Bien qu’il n’est qu’un exécutant, c’est lui la tête pensante du casse. Epaulé par son fidèle acolyte, il va mettre en œuvre un plan parfait pour arriver à ses fins. Le diamant ciblé, sera mis aux enchères lors d’une soirée exceptionnelle. La vente est dirigée par Julia Neuville (Bérénice Béjo), obstacle majeur afin d’obtenir l’objet tant désiré.

 

 

Le scénario est un scénario de cambriolage de haut vol tout ce qu’il y a de plus classique. Il n’est pas particulièrement original mais, dans l’ensemble, il est correct et permet d’assurer de passer un moment divertissant. Dans ce genre d’histoire, rien ne se passe comme prévu et, Le Dernier Diamant ne fait pas exception à la règle. C’est un peu cela la déception du film, son classicisme et académisme absolu. Le film ne se démarque jamais vraiment de ses prédécesseurs et ne perdurera probablement pas dans l’histoire des films de ce genre.

 

La où le classicisme est fort présent, c’est également dans sa mise en scène. Barbier n’essaie pas d’apporter un souffle nouveau au genre  et empêtre son œuvre dans ce classicisme plombant. La réalisation est quand même relativement dynamique. On ne s’ennuie pas pendant le film. Il y a de l’action, une intrigue prenante, mais rien de tout cela n’est réellement surprenant. Le film n’offre aucune surprise. Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est prévisible, même si ça l’est parfois, mais jamais il ne se passe des événements vraiment inattendus. Ce manque d’ambition est donc regrettable même si on saluera quand même le fait d’avoir fait un film français sur un cambriolage sachant que ce genre avait été un peu oublié au fil du temps.

 

Extrait de Le Dernier Diamant d'Eric Barbier (2014)
Extrait de Le Dernier Diamant d’Eric Barbier (2014)

 

Au niveau du casting, c’est relativement bon. On peut toutefois regretter le manque d’épaisseur des seconds rôles qui, malgré tout, sont plutôt bons. Le film est, comme dit plus haut, par le duo Yvan Attal – Bérénice Béjo. L’actrice, césarisée pour The Artist livre avec Le Dernier Diamant  sa première prestation post Cannes 2013, festival où elle avait gagné le prix d’interprétation féminine pour Le Passé d’Asghar Farhadi. On a tous un acteur ou actrice qu’on ne peut pas voir à l’écran. Et bien, en ce qui me concerne, c’est le cas de Bérénice Béjo. Je ne vais pas dire qu’elle est mauvaise dans le film mais, elle ne m’a pas convaincu. Mais comme je le disais, ayant déjà du mal avec elle à la base (bien que je la trouve très bonne dans Le Passé), je ne vais pas m’attarder plus longuement sur son cas. A ses côtés, on retrouve monsieur Charlotte Gainsbourg, Yvan Attal. Celui-ci joue tout en sobriété. Il a déjà été meilleur (dans Rapt de Lucas Belvaux par exemple) mais il fait du boulot plus que correct. Sa voix est assez perturbante par moments car on a l’impression d’entendre Tom Cruise (Attal a doublé sur Mission Impossible 2 entre autres). Pour les seconds rôles, il y a un joli panel d’acteurs qui va de Charlie Dupont à Issaka Sawadogo (vu l’année dernière dans Diego Star) en passant par Annie Cordy. C’est également un point fort du film mais également un point faible à cause du manque d’épaisseur des rôles dont on a déjà fait écho plus haut. Cela est particulièrement regrettable en ce qui concerne le rôle de Charlie Dupont qui aurait pu être beaucoup ambigu qu’il ne l’est, ce qui aurait donné une dimension plus intéressante au film.

 

Mais bon, ne pinaillons pas de trop. S’il n’est pas parfait et manque clairement d’enjeux, Le Dernier Diamant est quand même un film de bonne facture. Il va en désoler beaucoup de par son trop présent classicisme mais permet toutefois aux spectateurs de passer un bon moment. Ce n’est pas un film marquant mais dans lequel tout n’est pas à jeter pour autant. Dommage qu’Eric Barbier n’ait pas été plus loin, le film n’en n’aurait été que meilleur. Petite déception donc.