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Critique : Le Hobbit – La Désolation de Smaug, de Peter Jackson

Peter Jackson poursuit les aventures de Bilbon avec la manière.

Les aventures de Bilbon Sacquet, paisible hobbit, qui sera entraîné, lui et une compagnie de Nains, par le magicien Gandalf pour récupérer le trésor détenu par le dragon Smaug. Au cours de ce périple, il mettra la main sur l’anneau de pouvoir que possédait Gollum..

Il y a un an, nous découvrions le premier volet des aventures de Bilbon Saquet. Celui-ci était embarqué par Gandalf et la compagnie de Thorin pour les aider à récupérer la ville d’Erebor, bastion nain tombé sous le joug du terrible dragon Smaug. Le premier volet prenait le temps de mettre en place les divers éléments: les bases de l’histoire (car même si le monde est le même que dans Le Seigneur des Anneaux, les faits se déroulent 60 ans plus tôt), les personnages et l’univers même. A la fin du premier épisode, nos protagonistes avaient réussis à échaper à Azog et sa bande grâce aux aigles et Bilbon avait conclu en disant que le pire était passé.

S’il savait le pauvre ! Si certains ont pu trouver que Le Hobbit: Un Voyage Inattendu manquait de rythme et d’action, force est de constater qu’ici ils en auront pour leur argent. L’épisode de présentation très pédago passé, Jackson nous plonge donc directement dans le bain. Dès le début du film, les personnages se retrouvent à faire ce qu’ils font maintenant le mieux: courir. Du début à la fin, les personnages sont actifs. Quand ils ne fuient pas un endroit, ils se battent. Car, qu’on se le dise, c’est fini la picole et les chansons paillardes pour Thorin, Dwalin, Balin, Gloin, Oin, Dori, Nori, Ori, Killi, Filli, Bofur, Bombur et Bifur (j’avoue, j’ai su en dire 12 par coeur mais j’ai du vérifier pour le 13ème). Dans cet épisode ce sont attractions aquatiques, elfes, araignées et dragon qui sont au programme. Le scénario est beaucoup plus intéressant que celui du premier épisode, car beaucoup plus fluide. On fait la connaissance de pas mal de nouveaux personnages (et les retrouvailles avec un certain Legolas) qui apportent un plus à l’histoire. Tout est plus développé alors que les choses restaient relativement en surface avant.

Au niveau du casting, c’est impeccable. Bien que les nains soient présents (à divers niveaux bien sûr, difficile d’avoir 13 personnages principaux), les scénaristes ont fait un gros travail sur les personnages secondaires. Legolas, le maitre de Laketown, Bard, Beorn et la nouvelle venue Tauriel sont vraiment des personnages à part entière qui sont loin de faire de la figuration. Ils ont vraiment de la consistance mais ils existent surtout grâce à leurs interprètes. Pour les personnages déjà présents dans Un Voyage Inattendu, tous les acteurs font leur boulot. Richard Armitage (Thorin), Ian Mc Kellen (Gandalf) et Martin Freeman (Bilbon) tiennent le haut de la corde bien sur mais leurs accolytes ne déméritent pas, que du contraire. Dans les nouveaux venus, on fait d’abord la connaissance de Beorn (Mikael Persbrandt), personnage mythique du livre, peut-être un petit peu sous-exploité ici mais tout de même impressionnant. Ensuite, on rencontre Thranduil (Lee Pace), déjà aperçu au début de l’aventure, qui est le père de Legolas (Orlando Bloom) et roi des Hauts Elfes. Ce personnage mystique en impose de part sa présence et sa posture. A ce niveau-là, chapeau au chorégraphe qui a travaillé les différentes postures de toutes les races de la Terre du Milieu, car le fruit de son travail est bluffant. Venons en à Legolas, personnage connu (et adulé par beaucoup de fans de la trilogie du Seigneur des Anneaux) de tous. 10 ans après Le Retour Du Roi, on se surprend à voir qu’Orlando Bloom a affiné son jeu. Evidemment, le Legolas du Hobbit n’est pas exactement le même que celui du Seigneur des Anneaux car le background du personnage n’est pas le même.

Autre nouveau venu, Bard (Luke Evans), descendant du dernier seigneur de la ville du Val, ville détruite par Smaug lors de la prise d’Erebor. Cet homme à l’accent très gallois va se révéler essentiel même s’il prendra vraiment toute son importance dans le troisième volet. Il est en conflit avec le maitre de Laketown joué par le non moins excellent Stephen Fry. Dernier nouveau personnage, Tauriel (Evangeline Lilly), elfe sylvestre chef de la garde de Thranduil. Elle n’existe pas dans le roman écrit par Tolkien mais on ne va pas faire la fine bouche sur sa présence car cela fonctionne plutôt bien. Il y a bien un petit moment un peu cul-cul pas très utile mais, pour le reste, cela ne devrait pas choquer les fans purs et durs de la saga. Enfin, il y a Smaug. Smaug le joli dragon dont on a pu apercevoir l’oeil qui s’ouvre à la fin de l’opus précédant. Il est interprété (voix et motion capture) par Benedict Cumberbatch aka Sherlock aka le méchant du dernier Star Trek Into Darkness, aka l’homme qui fait chavirer toutes les filles avec sa voix “soooo sexy”. Il faut bien l’avouer, il fait un excellent boulot, tant au niveau vocal qu’au niveau de l’interprétation. Car oui, malgré le fait que ce ne soit pas évident pour un humain de jouer un dragon, Cumberbatch s’en sort avec les lauriers. Smaug est très réussi et vous ne serez pas déçu en le voyant.

Mais le plaisir de retrouver la Terre du Milieu n’est pas dû qu’à son casting ou à son histoire. C’est principalement du à son réalisateur/scénariste/producteur Peter Jackson. L’homme a su faire de son pays natal la Nouvelle-Zélande un acteur essentiel. Car le pays ne ressemble pas à la Terre du Milieu, c’est la Terre du Milieu. Une fois de plus, les décors sont époustouflants. A force de connaitre le bonhomme, les attentes des spectateurs sont énormes et, à chaque fois, on a ce qu’on attend. En plus de ça, Jackson rend ses décors encore plus vivants. Sa maitrise de l’espace (tant au niveau de sa caméra qu’au niveau des personnages) et sa composition de l’image sont de haut niveau. Peu de réalisateurs sont d’aussi bon techniciens et créateurs que lui et ça se ressent quand on est devant un de ses films. Le Hobbit: La Désolation de Smaug est aussi l’occasion pour lui de nous montrer une des scènes la plus belle et la plus à couper le souffle qu’il nous ait été donné de voir au cinéma. En effet, la scène des tonneaux est un petit bijou de technique et de mise en scène qui va en émerveiller plus d’un. Ca bouge dans tous les sens et quelques prouesses ont été réalisées pour cette séquence. Le film comporte toutefois quelques longueurs et temps morts mais, ne le cachons pas, on ne voit pas le temps passer.

Pour conclure, dans son ensemble, Le Hobbit: La Désolation de Smaug est du même calibre que son prédécesseur mais, bien qu’il ne soit pas non plus aussi noir qu’un film de Rob Zombie, ce n’a plus le côté Candy que le premier avait. C’est un plongeon dans la Terre du Milieu comme on le souhaitait qui est plus qu’un simple épisode de transition. C’est un réel film d’action réussi qui laisse présager une fin de trilogie plus qu’épique.