Animation, Critiques de films, Drame

Critique : Le Roi Lion 3D, de Roger Allers et Rob Minkoff

Un des plus grands chefs-d’œuvre Disney, Le Roi Lion, s’apprête à de nouveau rugir dans les salles obscures grâce à une restauration et une conversion 3D. Au-delà du relief anecdotique, c’est surtout l’occasion de revoir ce bijou sur grand écran.

 

 

Affiche du film Le Roi Lion 3D, de Roger Allers et Rob Minkoff
Affiche du film Le Roi Lion 3D, de Roger Allers et Rob Minkoff

 

 

Sur les Hautes terres d’Afrique règne un lion tout-puissant, le roi Mufasa, que tous les hôtes de la jungle respectent et admirent pour sa sagesse et sa générosité. Son jeune fils Simba sait qu’un jour il lui succèdera, conformément aux lois universelles du cycle de la vie, mais il est loin de deviner les épreuves et les sacrifices que lui imposera l’exercice du pouvoir. Espiègle, naïf et turbulent, le lionceau passe le plus clair de son temps à jouer avec sa petite copine Nala et à taquiner Zazu, son digne précepteur. Son futur royaume lui apparaît en songe comme un lieu enchanté où il fera bon vivre, s’amuser et donner des ordres. Cependant, l’univers de Simba n’est pas aussi sûr qu’il le croie. Scar, le frère de Mufasa, aspire en effet depuis toujours au trône. Maladivement jaloux de son aîné, il intrigue pour l’éliminer en même temps que son successeur. Misant sur la curiosité enfantine et le tempérament aventureux de Simba, il révèle à celui-ci l’existence d’un mystérieux et dangereux cimetière d’éléphants. Simba, oubliant les avertissements répétés de son père, s’y rend aussitôt en secret avec Nala et se fait attaquer par 3 hyènes féroces. Par chance, Mufasa arrive à temps pour sauver l’imprudent lionceau et sa petite compagne. Mais Scar ne renonce pas à ses sinistres projets. Aidé des 3 hyènes, il attire Simba dans un ravin et lance à sa poursuite un troupeau de gnous. N’écoutant que son courage, Mufasa sauve à nouveau son fils et tente de se mettre à l’abri en gravissant la falaise. Repoussé par son frère félon, il périt sous les sabots des gnous affolés. Scar blâme alors l’innocent Simba pour la mort du Roi et le persuade de quitter pour toujours les Hautes terres. Simba se retrouve pour la première fois seul et démuni face à un monde hostile. C’est alors que le destin place sur sa route un curieux tandem d’amis…

 

 

 

 

A l’inverse de Titanic où une 3D sublimait la sensation de profondeur déjà présente dans la version de 1998, Le Roi Lion a également fait peau neuve mais n’en profite pas réellement. Le relief reste paradoxalement très plat. Le plaisir est ailleurs. Il s’agit bien là de replonger en enfance, au côté d’un véritable bijou d’animation et d’écriture. Un plaisir coupable ressenti dès les premières secondes du film et le thème musical du « Cercle de la vie », composé par Hans Zimmer. La magie opère encore et toujours, et ce n’est pas un hasard. Sorti en 1994, Simba et sa bande avaient conquis plus de 10 millions de spectateurs en France, devenant au passage l’un des plus grands succès du studio américain dans l’hexagone. Alors que Disney commençait à souffrir de son penchant princesse, c’est en prenant des personnages animaux –très humanisés bien sûr- que la voie du succès est entre-ouverte. La belle histoire peut alors commencer, puisque le scénario, d’une simplicité touchante, jouit de belles qualités et s’avère très convaincu.

 

Extrait du film Le Roi Lion (1994)
Extrait du film Le Roi Lion (1994)

 

 

Extrait du film Le Roi Lion (1994)
Extrait du film Le Roi Lion (1994)

 

 

L’histoire est irrésistiblement universelle, racontant la culpabilité d’un enfant dont la relation avec son père va brusquement s’arrêter après l’assassinat de ce dernier par un oncle vaniteux. Le spectateur s’attache en quelques secondes à ces personnages, et notamment celui de Mufasa qui dégage un charisme paternel flamboyant. Tout coule de source dans ce long métrage d’animation très limpide, facile à regarder, et ne souffrant d’aucune longueur. Chaque scène, musicale ou non, apporte son lot d’intérêt. Le Roi Lion aborde ainsi les devoirs du roi des animaux, le courage, l’honneur et la bravoure, comme il touche également aux thématiques de l’amour, des relations familiales dans le temps et cela malgré les séparations et le drame, ou encore bien sûr l’amitié. On reproche souvent à ce classique son côté facile, simpliste, réducteur voit même téléphoné. Il est évident qu’il n’y a pas de place à la surprise. Tout est millimétré, la douceur grave du Roi Lion finit irrémédiablement par nous toucher. Le Roi Lion ne manque ni d’humour, ni d’action. Physiquement, c’est lumineux, luxuriant, propre. L’intrigue et l’enveloppe physique se lient à merveille avec la musique du film, l’une des plus belles compositions proposées au cinéma. Les titres et paroles résonnent dans nos esprits, à commencer par le fameux « Hakuna Matata », ode à l’espoir et à l’amitié, renforcé par ses vibrations positives. Dans une histoire qui ne perd jamais ses points de vue: Le Roi Lion passe du sourire à l’émotion, en rejouant encore une fois une relation père-fils au summum de sa beauté, magnifiée par la musique d’Hans Zimmer. C’est dans ces moments de perfection que Le Roi Lion nous montre qu’il est un monstre du cinéma d’animation, familial et populaire. Il est encore plus amusant de noter que depuis, peu de films d’animation se sont montrés aussi efficaces à tous les niveaux.