Critiques de films

Critique : Les Adoptés, de Mélanie Laurent

Après l’actorat et la chanson, Mélanie Laurent un de ses rêves : réaliser un film. Pour une première, elle nous touche avec Les Adoptés, une peinture familiale romantique et tragique à la fois.

 

Les adoptés, de Mélanie Laurent affiche
Les adoptés, de Mélanie Laurent affiche

Une famille de femmes que la vie a souvent bousculée mais qui est parvenue avec le temps à apprivoiser les tumultes. Les hommes ont peu de place dans cette vie et naturellement quand l’une d’entre elle tombe amoureuse tout vacille. L’équilibre est à redéfinir et tout le monde s’y emploie tant bien que mal. Mais le destin ne les laissera souffler que peu de temps avant d’imposer une autre réalité. La famille devra alors tout réapprendre. La mécanique de l’adoption devra à nouveau se mettre en marche forçant chacun à prendre une nouvelle place…

 

 

Mélanie Laurent a bien deux images. Celle d’une femme médiatisée, qui a même déjà séduit outre Atlantique, et qui suscite les jalousies dans l’hexagone parce qu’elle joue, chante, réalise. D’un autre côté, il y a encore une gosse, adorable et sympathique, preneuse de conseil et qui croit en ses rêves. L’un d’eux était de réaliser un jour son propre film. Mélanie Laurent avait bien réalisé deux courts, mais elle n’avait jamais eu l’occasion de se plonger dans la peau d’une directrice et metteuse en scène, derrière la caméra. Tout un travail de longue haleine, justement récompensé par la sortie de son premier long : Les Adoptés. A l’opposé d’être un film autobiographique, Mélanie Laurent s’est offert le luxe de raconter une histoire inventée de toutes pièces, mêlant les sentiments à une réalité loin d’être impossible. Il en ressort un film abouti, très touchant dans ses thématiques.

Malgré quelques longueurs, l’histoire de ce premier long métrage finit par convaincre. Le scénario navigue entre les genres, allant du drame à la comédie, sans oublier la tragédie. On entend déjà les commentaires accusant l’écriture du film de virer dans le pathos, parce que la situation dramatique s’y prête. Mais il y a plus à voir là-dedans un étalage de différents sentiments ou réalité, de l’amour fraternelle à celle d’une mère ou d’un enfant, de l’impossibilité de refaire sa vie quand il manque quelqu’un à la disparition d’un autre. Les Adoptés aborde ici la relation fusionnelle entre une sœur, une histoire d’amour qui bouleverse une équilibre, puis un coma qui va pousser certains personnages à façonner eux-mêmes leurs relations, à devoir changer des habitudes. Des meilleurs films qui ressortent de la filmographie de Mélanie Laurent, ceux qui jouent sur les liens familiaux arrivent en tête, notamment Je vais bien ne t’en fais pas, pour lequel elle a reçu le César du meilleur espoir féminin. Elle renoue avec cette thématique en y inscrivant son histoire, sa vision des choses. Dans le côté dramatique qu’elle exploite, il y a une certaine réalité dans les relations, une construction intelligente (trois chapitres pour les trois personnages principaux) et une finalité intéressante. Tout cela met du temps à se mettre en place, mais force est de constater que pour une première, Mélanie Laurent est plus que convaincante.

 

Les adoptés, de Mélanie Laurent
Les adoptés, de Mélanie Laurent

De là à briller de nouveau aux prochains Césars ? Pourquoi pas, puisque son premier film rivalise avec d’autres concurrents. Mélanie Laurent a su jouer de son expérience et profiter d’une carrière déjà éclectique. Certains s’y sont perdus en n’arrivant plus à la situer. D’autres y verront sûrement l’occasion de faire des tests. Si dans le chant elle est loin de convaincre, Mélanie Laurent enchante devant la caméra, comme désormais derrière. Tout cela demande à être confirmé dans un futur proche ou non. Avec Les Adoptés, elle a su s’entourer et prendre confiance. D’abord avec un producteur en la personne de Bruno Lévy qui n’a cessé de la guider. Ensuite au niveau des acteurs, pour créer une alchimie. Elle tout d’abord, qui, outre une mégalomanie patente crierons les mauvaises langues, s’est offert le rôle central, celui d’une femme ayant un enfant, et pas de réelle vie sociale à côté. Elle est très trop proche de sa sœur, Marine, jouée par Marie Denarnaud, vivante à souhait. Et enfin, l’homme de ce trio, celui qui bouscule les habitudes, Denis Menochet. Il incarne un homme d’une douceur étonnante par rapport à son allure. Sur la longueur, il charme, séduit, touche. Il est clairement à l’image du film et en ressort presque coup de cœur, poussant la larme à l’œil.

 

L’avis : Mélanie Laurent est partout ! Si elle a déçu dans la chanson, elle saura probablement vous convaincre pour Les Adoptés, son premier film en tant que réalisatrice. A aller voir sans apriori, le film délivre une belle dose d’émotions, dans un travail abouti, très correct, touchant sans être larmoyant.