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Critique : Les Flingueuses, de Paul Feig

Le réalisateur de Mes Meilleures Amies ressuscite la comédie policière avec Sandra Bullock en revenante et Melissa McCarthy dans son rôle favori. Pas très surprenant.

 

Affiche du film Les Flingueuses, de Paul Feig
Affiche du film Les Flingueuses, de Paul Feig

 

D’un côté il y a l’agent spécial du FBI, Sarah Ashburn, une enquêtrice rigoureuse et méthodique dont la réputation la précède tant pour son excellence que son arrogance démesurée. De l’autre l’agent de police de Boston, Shannon Mullins, reconnue pour son fort tempérament et son vocabulaire fleuri. L’une comme l’autre, n’ont jamais eu de partenaire dans le travail… ni vraiment d’amis.
Ainsi, lorsque ces deux représentantes de la loi radicalement opposées sont obligées de faire équipe pour arrêter un baron de la drogue sans pitié, elles se retrouvent à devoir lutter non seulement contre un puissant syndicat du crime, mais aussi et surtout contre l’envie de s’entretuer.

 

 

 

De la délicatesse et du bon goût, Les Flingueuses n’en manque pas. Quand le réalisateur de Mes meilleures amies, rejeton de Judd Apatow et créateur oublié de Freaks & Geeks, se frotte à la comédie policière cette fois-ci féminine (c’est son credo engagé, la comédie intégralement féminine), cela donne un étrange divertissement, à la limite vulgaire qu’il en deviendrait risible. Si on excepte une campagne française d’un goût justement douteux (entre la reprise de l’affiche photoshopée la plus hideuse au monde et une tagline sexiste borderline), peut-on rire avec Les Flingueuses, car c’est bien la seule chose que l’on est droit d’espérer d’un tel divertissement qui s’est posé comme le grand succès de l’été (celui de l’été dernier était Ted, pour rappel).

 

Extrait du film Les Flingueuses (2013)
Extrait du film Les Flingueuses (2013)

 

En assemblant deux personnages que tout oppose sans forcément désirer trouver un juste milieu bien mièvre, Les Flingueuses avait un point de vue classique mais efficace. Et surtout un potentiel comique affiché, entre une Sandra Bullock retapée par la chirurgie mais revenante, et qui rempile pour un personnage pas si éloigné de son Miss Detective, et une Melissa McCarthy déjà révélée par Feig avec Mes Meilleures Amies, qui renforce toujours un peu plus son seul aspect comique exploité jusqu’ici, la bonne femme forte et un poil beauf dont les méthodes de vie et de savoir-faire sont loin d’être orthodoxes.

 

Extrait du film Les Flingueuses (2013)
Extrait du film Les Flingueuses (2013)

 

Le duo qui détonne fonctionne donc plutôt bien sur les quelques gags qui promettent un peu de rire, mais jamais n’accède à la récompense ultime : le fou-rire. Et si Feig s’est refusé de le provoquer avec l’élément typique pipi-caca-vomi de la farce américaine (quoiqu’il y a une cuite), il trouve vite les limites de son potentiel « hilarité générale » malgré quelques dialogues bien ficelés et un certain sens de la répartie. Sans oublier que Les Flingueuses est aussi un film long dans lequel le scénario n’intéresse personne tant il est alambiqué et bourré d’incohérences, et faussement émouvant en laissant entrevoir la fameuse histoire d’amitié singulière, autre credo du cinéaste qui n’aura fait que reconduire les éléments réussite de Bridesmaids pour tenter de les déguiser ici.

 

 

L’avis : Sans grande folie ni inspiration notable, Les Flingueuses s’avère agréable si on pressait les gags du film en une petite demi-heure. Or le film frôle les deux heures et plonge le spectateur un ennui palpable à des kilomètres, la faute à une action et des gags qui finissent par devenir lourdingues.