Comédie, Critiques de films

Critique : Les Infidèles, de Jean Dujardin et Gilles Lellouche…

A l’occasion de la sortie du film Les Infidèles, un long métrage à sketchs ayant pour thème l’infidélité masculine et ses variations, Cinephilia vous offre un face-à-face entre le gars et la fille. Alors avis divergents ou non ?

 

UN GARS

Sur une idée originale de Jean Dujardin, une bande de potes s’est réunie pour un film à sketchs sur un sujet dans l’air du temps : l’infidélité masculine. Le sujet est absolument casse-gueule, les écueils sont déjà au rendez-vous. Et pourtant. L’idée même respire la sympathie et le concept du film à sketchs fait son effet. Le film passe assez vite et réussit à cacher des longueurs assez évidentes sur certains sketchs. Le film à sketchs permet également de proposer différentes variations. Ainsi sept réalisateurs se sont attelés joyeusement à la tâche. L’inconvénient, c’est que le film souffre d’une certaine inconstance malgré quelques vérités assénés (qui n’a pas trompé en dix ans de vie commune?).

Seuls deux sketchs sortent véritablement du lot : « la question », réalisé par Emmanuelle Bercot, et « les infidèles anonymes », par Alexandre Courtès. Le premier offre ainsi un face-à-face étonnant entre Jean Dujardin et Alexandre Lamy, couple à la ville et ici à l’écran. Les deux racontent alors tour à tour leurs infidélités. Entre sincérité, mensonge, jalousie et colère, le sketch apparaît long, sauf que dans le traitement de son sujet, il est le plus pertinent mais également le plus violent. Le second est en revanche une perle d’humour décalé. Les quatre personnages des mini-sketchs se retrouvent aux infidèles anonymes, dans une réunion dirigée par une excellente Sandrine Kiberlain. Ainsi, Manu Payet, Guillaume Canet, Gilles Lellouche et Jean Dujardin (dont le mini-sketch sur le 11 septembre a été coupé au montage final) s’en donne à cœur-joie. Le concept de sketch humoristique est assuré à 100% et le rire y est très présent. Une chose très rare, puisque le reste du film n’est qu’irrégularité et souffre même parfois d’un cruel manque d’inspiration tant certains choix sont téléphonés.

Il ressort des Infidèles un film sympathique mais irrégulier, qui ne fera pas date concernant son sujet, mais qui aura eu l’audace de se montrer original, et parfois même pertinent.

UNE FILLE

Un film qu’il ne faut pas aller voir en couple, tant votre conjoint ou copain pourrait avoir des idées. Il n’y a réellement que deux scènes qui ressortent : celle de « la question », c’est-à-dire la scène entre Alexandra Lamy et Jean Dujardin. Cette histoire où ils se racontent mutuellement leurs infidélités, avec les conséquences qui s’en suivent. La seconde est celle des « infidèles anonymes », une scène hilarante et assez forte car elle rassemble les infidèles de tous les mini-sketchs, face à une femme qui les oblige à faire face à leurs infidélités. Il y aurait peut être un autre moment : « la bonne conscience » qui pourrait nous toucher, mais ça je vous laisse en juger. Ce qui peut légèrement déranger avec le choix du films à sketchs, c’est l’absence d’une seule et véritable histoire et pas juste le seul fil rouge que représente l’infidélité. Ce choix déroute et ne permet pas réellement au spectateur de s’attacher à un personnage, s’évitant ainsi à le juger sur ses actes.

Mais mesdames ne vous inquiétez pas, vous risqueriez de prendre goût à cette légère humiliation masculine présente dans le film, en plus d’avoir les sexys minous de Gilles Lellouche et Jean Dujardin. Vous voyez de quoi je parle, bien sûr ?

Les Infidèles s’avère être un film assez drôle malgré des longueurs et certaines irrégularités. Les sept réalisateurs ont su jouer avec un sujet tabou, avec quelques moments de sérieux masqués par une dérision quasi permanente.