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Critique : Madagascar 3 – Bons baisers d’Europe, de Tom McGrath, Eric Darnell et Conrad Vernon

La franchise de DreamWorks propose un final poussif à une saga Madagascar qui ne s’est jamais montrée transcendante. Le box-office lui donne pourtant raison. Chronique d’un cirque solide en apparence…

 

Affiche du film Madagascar 3 - Bons baisers d'Europe, de Tom McGrath, Eric Darnell et Conrad Vernon
Affiche du film Madagascar 3 - Bons baisers d'Europe, de Tom McGrath, Eric Darnell et Conrad Vernon

 

 

De retour d’Afrique, où leur dernière aventure les avait menés, Alex et ses fidèles amis Marty, Gloria et Melman aspirent désormais à rentrer chez eux, à New York, et à retrouver le cadre familier du zoo de Central Park. Autant dire qu’ils sont prêts à tout pour y parvenir ! Alors que King Julian, Maurice et les Pingouins se joignent à eux, leur nouvelle expédition rocambolesque les conduit en Europe où ils trouvent la couverture idéale : un cirque ambulant dont ils deviennent les héros – façon Madagascar bien sûr !

 

 

Ils ont voulu faire le show. À l’heure de l’extravagance et du tout visuel, Madagascar inscrit son troisième épisode dans la bataille des joutes de films familiaux et grand public alors que l’été approche. Une tactique affichée avec exubérance par le studio créateur de la franchise, DreamWorks, lors du passage cannois. Le spectacle, la fête, rien de plus positif à l’heure où le public espère trouver un certain réconfort dans les salles obscures. L’ambiance y est, c’est indéniable. Doit-on en être convaincu pour autant ? Car de la joie au cinéma, du grand divertissement sauce spectacle, des belles oeuvres… les salles de cinéma en proposent très régulièrement. Madagascar 3 ouvre cette grande bataille à trois (voir quatre si on y ajoute Le Lorax) qui va sévir durant l’été. Face au tandem Pixar-Disney avec Rebelle, face au talentueux Blue Sky et son increvable Âge de Glace, Madagascar tente de faire bonne figure, met les petits plats dans les grands et relance péniblement la machine tout en montrant une image souriante à l’extérieur.

 

Extrait du film Madagascar 3 (2012)
Extrait du film Madagascar 3 (2012)

 

 

Après le visionnage de ce troisième épisode, tout porte à croire qu’il ne régnait pas un grand sentiment de confiance lorsque l’opus a été réalisé et monté. Le scénario est d’un basique ennuyeux. Notre quatuor tente d’y regagner, non sans nostalgie, le cocon new-yorkais où il se sentait si bien. Je vous laisse deviner la fin après que les quatre acteurs de la savane aient rencontrés les animaux d’un cirque sur le déclin, et dont la survie repose sur une tournée américaine espérée. Là-dessus, l’animation se dote d’un visuel (3D bien évidemment) alléchant. Mais seule une course poursuite dans les rues de Monaco tient en haleine et impressionne. Cars 2 avait sensiblement le même problème l’an dernier. Une bien maigre consolation. Côté personnage, rien ne change ou n’évolue. Cette platitude psychologique peut réussir à convaincre un bambin âgé de 3 à 9 ans. Au-delà de cette frontière, l’efficacité du film est drastiquement réduite tant les éléments addictifs sont rares. Heureusement que les pingouins « petits gars » sont présents (bien qu’au second plan) pour dynamiter la chose, bien aidés par le seul personnage exploité correctement au niveau des gags, le capitaine Dubois, une professionnelle du braconnage animal légal – une flic – qui rêve d’accrocher la tronche du lion sur son tableau de chasse. Ça tombe bien, nous on rêve de le voir disparaître ! Madagascar 3 va pousser très loin l’expérimentation du mauvais goût, que ce soit via cette explosion agressive de couleurs pour un décor qui n’a aucun intérêt, ou bien lorsqu’à la fin, on ose un odieux remix entre le fameux « I Like to move it » et le ridicule « Afro Circus » beuglé par un zébre qui tente tout pour apparaître sympathique. C’est niais, grossier (les chiens adeptes de costumes qui se filent des tartes histoire de) et délibérément moche.

 

Extrait du film Madagascar 3 (2012)
Extrait du film Madagascar 3 (2012)

 

 

Quand Première parle du premier chef-d’œuvre de DreamWorks, Le Monde évoque un road-movie à but lucratif. Imaginez à qui je pourrais donner raison, et il est hors de question d’intenter un quelconque trait de snobisme. Madagascar 3 est un film d’animation raté qui vise un score honorable au box-office, au-delà de sa narration ennuyeuse, salement manichéenne et de son sens du spectacle douteux, surtout lorsqu’on jette un œil à la concurrence. Navrant.

 

 

L’avis : Un humour totalement absent ou capilotracté, un entourloupe visuelle surchargée et inutile, des personnages ennuyeux… Madagascar 3 est très loin de convaincre. Et inutile de tenter la comparaison avec le premier opus qui passerait presque pour un bijou d’inventivité à côté. L’ensemble ne fonctionne jamais, trop plat, lisible et évitable alors que se profile à l’horizon un Âge de Glace 4 bien plus réussi à tous les niveaux. Un cirque sans nom à vite oublier.