Critiques de films, Epouvante-horreur, Thriller

Critique : Malveillance, de Jaume Balaguero

Un des grands maîtres actuels du cinéma de genre espagnol clôture l’année 2011. Non sans Malveillance

 

Affiche du film Malveillance, de Jaume Balaguero
Affiche du film Malveillance, de Jaume Balaguero

 

César est un gardien d’immeuble toujours disponible, efficace et discret. Disponible pour s’immiscer dans la vie des habitants jusqu’à les connaître par cœur ; discret quand il emploie ses nuits à détruire leur bonheur ; efficace quand il s’acharne jusqu’à l’obsession sur Clara, une jeune femme insouciante et heureuse…

 

 

Pour se lancer le festival international du film fantastique de Paris (PIFFF), l’organisation avait frappé fort en invitant Jaume Balaguero, lui-même membre du jury pour la compétition internationale. Il était venu d’ailleurs présenter son dernier thriller, Malveillance. Pour les novices, Balaguero est bien sûr connu pour être l’un des piliers de la franchise d’horreur espagnole [REC]. On lui doit également à la réalisation ou au scénario d’autres films de genre reconnus par les aficionados, comme Fragile ou La Nonne. Avec Malveillance, il nous raconte comment un concierge en apparence sympathique cache bien son jeu… De jour, il est le gardien d’immeuble presque modèle si on excepte quelques retards. Efficace, discret, il est d’une aide quotidienne pour les habitants de l’immeuble. La nuit, il s’acharne à casser le bonheur de certains de ses habitants, notamment l’insouciante Clara, à qui il va faire vivre un enfer… sans qu’elle ne le sache !

 

Extrait du film Malveillance (2011)
Extrait du film Malveillance (2011)

 

Souvent abordé au cinéma (Suspiria, Psychose, Shining, ou tout récemment le navet La Locataire), le concierge est un objet complexe. Il se doit d’être un personnage captivant, psychologiquement fouillé. Avec Cesar, Jaume Balaguero va prendre un plaisir fou à jouer avec la perversion de son personnage, ne le jugeant jamais. Le ton est donné. Balaguero joue la carte de la perversion, renforcée à coup de cadres rapprochés et d’une ambiance parfois suffocante. Sans tomber dans l’hystérie la plus totale, il donne à la fois à son film un ton flippant, et en même temps, carrément dément. César (Luis Tosar) est à la fois un psychopathe dangereux, ultra pervers, mais aussi intelligent, malheureux, rendu attachant par son histoire, et sa double personnalité. Balaguero capte toutes les possibilités de Luis Tosar, ce mec qui peut attachant, comme diabolique. La performance de l’acteur est forcément à souligner, renforcée par une direction sans faille. Le film ne porte pas de jugement, il raconte une histoire qui peine à démarrer certes, mais finit par nous impressionner tant il semble y avoir des facilités évidentes parfaitement gérées. Au passage, Balaguero en profite pour réinventer le happy end à sa manière. Jubilatoire, dirait l’autre. On se trouve face à un thriller efficace, facilement regardable, loin d’être aussi suffocant qu’un [REC] (tiens ça parle encore d’immeuble), pas de huit-clos horrible, juste un brin pesant. Si le film se met lentement en place, l’ambiance perverse monte crescendo –une méthode récurrente dans le cinéma espagnol. Le scénario déroule ses cartes un peu rapidement par la suite dans une sorte de rupture de rythme. Malveillance lance ses derniers atouts et joue la carte de la surprise (parfois prévisible) et arrive à maintenir l’intérêt. Ce n’est pas un grand huit dans la section des films de genre, mais c’est au moins un bon divertissement de genre, intéressant et maîtrisé.

 

L’avis : Un thriller pervers et maitrisé.