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Critique : Mariage à l'anglaise, de Dan Mazer

Les producteurs de Love Actually et Bridget Jones pilotent une comédie pleine de cynisme et de vérités. Un délice coupable bien qu’imparfait.

 

Affiche du film Mariage à l'anglaise, de Dan Mazer
Affiche du film Mariage à l’anglaise, de Dan Mazer

 

Depuis qu’ils se sont rencontrés dans une soirée, Nat, jeune femme ambitieuse, et Josh, apprenti romancier, nagent dans le bonheur, malgré leurs différences. Car si Josh est plutôt du genre intellectuel, Nat est une fonceuse. Ce qui ne les a pas empêchés d’être réunis par un coup de foudre réciproque. Leur mariage est idyllique, même si personne – de leurs proches à leurs amis, jusqu’au pasteur qui officie – ne croit qu’il pourra durer… Surtout quand l’ex-petite amie de Josh, Chloe, et le charmant client américain de Nat, Guy, s’en mêlent…

 

 

Deux fibres du genre comédie britannique se marient. Qui aurait pu penser qu’allier le bras droit du trublion Sacha Baron Cohen aux producteurs à succès de Love Actually et Bridget Jones allait donner un résultat si convaincant ? Bien que non dénué de défauts, Mariage à l’anglaise sera poussé dans le jusqu’auboutisme, vers un final que l’on sent ubuesque, et pour autant, nous séduit. Même si Dan Mazer n’aura pu éviter en bout de course le poncif moraliste du « tout est bien qui finit bien » inhérent à de trop nombreuses comédies classiques, le scénariste de Borat ou encore Brüno a bien insufflé un véritable cynisme dans une comédie qui se déleste au fur et à mesure de quelques vérités sur le couple dysfonctionnel Le point de départ est de prendre les choses à l’envers : comment un couple parviendra à passer le cap fatidique de l’année de mariage alors qu’on sait pertinemment qu’il est voué à l’échec. Plutôt que d’angler sur l’ambiance conquête, teintée à un moment ou un autre d’eau de rose, Mariage à l’anglaise va s’amuser à dépeindre une relation amoureuse et humaine détestable mais portée par des personnages extrêmement attachants.

 

Extrait du film Mariage à l'anglaise (2013)a
Extrait du film Mariage à l’anglaise (2013)

 

Souvent pris à contre-pied, le spectateur savoure autant le cynisme du propos qu’il ne découvre de nouveaux visages de la comédie britannique. Si Olivia Colman, l’excellent Stephen Marchant ou encore Minnie Driver sont loin d’être des novices en la matière (et composent de formidables seconds rôles), ce n’est pas le cas de Rose Byrne, la droite avocate de Damages, de Rafe Spall le gentil intello qui continue à errer dans les sphères de l’écrivain raté (Anonymous, L’Odyssée de Pi) ou encore de Simon Baker, petite révélation pleine de charme, cliché de l’Américain séducteur (lui qui est Australien d’origine) et qui troque ici le costume du Mentalist pour s’essayer avec conviction au genre comique. L’alchimie, improbable, fonctionne et séduit, alors qu’étonnement la transformée Anna Faris (Scary Movie, Super Blonde) déçoit et hérite d’un rôle qui bien qu’attachant, n’apporte rien de neuf.

 

 

L’avis : Dans Mariage à l’anglaise, il y a la dose qu’il faut d’humour noir – même si cela frôle souvent le vulgaire rarement utilisé avec subtilité – pour amener à une réflexion loin d’être idiote, et une relecture originale et pertinente de l’Amour, invitant son spectateur à se positionner. On se marre et c’est peut-être déjà bien là un bon point de départ.