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Critique : Men in Black 3, de Barry Sonnenfeld

C’est une franchise à succès en total manque d’inspiration et au bord du gouffre que le public quittait en 2002 avec un second épisode terne et anecdotique. Il faut attendre 10 ans pour voir les hommes en noir revivre une nouvelle jeunesse dans un troisième opus réussi.

 

Affiche du film Men in Black 3, de Barry Sonnenfeld
Affiche du film Men in Black 3, de Barry Sonnenfeld

 

 

En quinze ans de carrière chez les Men in Black, l’agent J a vu beaucoup de phénomènes inexplicables… Mais rien, pas même le plus étrange des aliens, ne le laisse aussi perplexe que son partenaire, le sarcastique K. Lorsque la vie de K et le destin de la Terre sont menacés, l’agent J décide de remonter le temps pour remettre les choses en ordre. Il va alors découvrir qu’il existe certains secrets de l’univers que K ne lui a jamais révélés. Il est cette fois obligé de faire équipe avec l’agent K, plus jeune, pour sauver la vie de son partenaire, l’agence, et l’avenir même de l’humanité…

 

 

2002 fut une année noire pour Barry Sonnenfeld et son équipe lorsque le second opus de Men in Black 2 (MIIB) débarque péniblement dans les salles obscures. Ce deuxième opus, avec le recul, aura clairement forgé la légende de cette franchise que le public a plébiscité dès 1997. Un scénario tronqué à l’image de son final bâclé, la faute au 11 septembre, une guerre de chèques pour les deux acteurs principaux Will Smith et Tommy Lee Jones, pas franchement emballés par le projet. Tous les ingrédients d’une production chaotique pour suite ratée. Triste sort pour Barry Sonnenfeld, à l’origine d’un projet validé par Steven Spielberg en personne. Le bonhomme est courageux et a du cœur. Pas étonnant de le voir revenir en pleine forme à la tête du troisième. Étonnamment, c’est sur une idée originale de Will Smith que MIB 3 va voir le jour. L’acteur croit en effet savoir que seul un retour dans le temps peut être la clé d’un scénario viable pour un troisième épisode. Pas de reboot, juste un simple retour dans le temps, où le scénariste pourrait s’en donner à coeur-joie et le metteur en scène multiplier les références visuelles.

 

Extrait du film Men in Black 3 (2012)
Extrait du film Men in Black 3 (2012)

 

 

Loin d’être aussi pénible que le second opus, ce Men in Black s’impose comme un pop-corn movie au grand cœur, sympathique à souhait et sobrement écrit. Le voyage dans le temps propulse l’agent J (joué par un Will Smith qui excelle dans l’art de trop en faire) à la fin des années 60 où contre-culture et monde en mutation s’affrontent. Du mouvement hippie à la Factory de Warhol en passant par la ségrégation raciale ou la conquête de l’espace, rien n’échappe au scénario.

 

Et sans en faire des tonnes à surligner ses nombreux clins d’œil (on pense par exemple aux invités surprises qui se fondent dans le décor), Men in Black 3 s’avère efficace. Le final est un petit bijou d’auto-satisfaction puisqu’il répond à la perfection à un début de film plutôt morne où les bavardages entre K et J font effet de remplissage. Il étonne et surprend tout en restant un symbole de cohérence et d’intelligence sobre. Tout ce qui avait manqué au second opus. Rajoutez à cela un Josh Brolin étonnant de mimétisme pour remplacer Tommy Lee Jones jeune et vous obtenez une cure de jouvence suffisamment agréable qui répond ainsi au cahier des charges du bon divertissement. Men in Black 3 n’a sûrement la fibre humoristique du premier opus, bourré de surprises et de gags en cascade, mais il permet au moins de boucler une boucle qui semblait bien mal en point, histoire de rétablir l’erreur d’un deuxième opus trop précipité. Rien de bien grandiose ou mémorable, mais un minimum syndical aisément atteint.

 

L’avis : 10 ans d’absence était peut-être l’attente suffisante pour voir revenir des Men in Black en pleine forme, dans une histoire travaillée et plus persuasive dans son ensemble comme dans ses références. Un pop-corn movie convaincant et agréable, soit la seule chose à attendre d’un tel divertissement.