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Critique : Minuscule, de Thomas Szabo et Hélène Giraud

Entre Microscosmos et 1001 Pattes, Minuscule vient débuter l’année 2014 par une belle prouesse cinématographique doublée d’un film divertissant.

 

Affiche du film Minuscule, de Thomas Szabo et Hélène Giraud
Affiche du film Minuscule, de Thomas Szabo et Hélène Giraud

 

Dans une paisible forêt, les reliefs d’un pique-nique déclenchent une guerre sans merci entre deux bandes rivales de fourmis convoitant le même butin: une boîte de sucres! C’est dans cette tourmente qu’une jeune coccinelle va se lier d’amitié avec une fourmi noire et l’aider à sauver son peuple des terribles fourmis rouges…

 

 

Composé aux deux tiers de prises de vues réelles entre des paysages idylliques du Mercantour et une chute d’eau des Ecrins, et d’une animation à base de maquettes et de synthèse, Minuscule : La vallée des fourmis perdues surprend d’emblée par l’enveloppe charnelle. Les spécialistes devraient apprécier, Minuscule est un joli film, tourné en Cinemascope avec l’apport de la 3D pour les amateurs, et une réussite visuelle en tout point. Ode à la nature sans jamais verser dans un quelconque propos moralisateur, Minuscule invite au voyage tout en dévoilant un univers dont les rapports métaphoriques avec notre quotidien se font sentir.

 

Extrait du film Minuscule (2014)
Extrait du film Minuscule (2014)

 

Il fallait tenir un peu moins de 90 minutes avec l’absence d’un quelconque dialogue. Tout doit passer par l’image, les bruits, et l’action. On s’amuse donc à scruter les moindres détails, et le spectateur entre dans l’aventure de cette coccinelle aventureuse et espiègle, tout droit sortie de la mini-série que les créateurs et réalisateurs Thomas Szabo et Hélène Giraud faisaient vivre avant ce long métrage. On appréciera donc ce mixage sonore, entre les bruits d’insectes tentant de dialoguer à leur manière, l’insertion de sons connus de nous humains (la ville, les rails de métro, l’agitation), ainsi que la musique composée par Herbert Lavandier et ouvertement en hommage à John Williams ou Prokofiev.

 

Extrait du film Minuscule (2014)
Extrait du film Minuscule (2014)

 

De cette histoire universelle à la simplicité scénaristique comme de l’action, Minuscule se pose également comme un film économe. Ou comment réaliser quelque chose d’à la fois fictionnel et imaginaire, dans un lieu réaliste à la texture très souvent véritable. A 10 millions d’euros de budget, pour deux ans de labeur, Minuscule est un pied de nez à Hollywood et ses majors richissimes. Fin 2012, Ernest et Célestine m’avait charmé pour les mêmes raisons. Si Minuscule est un peu moins captivant dans son intrigue (quelques redondances ternissent ce ciel sans nuages) comme dans son enveloppe physique, il n’en reste pas moins un film familial que les enfants et les adultes apprécieront pour différentes valeurs.