Animation, Comédie, Critiques de films

Critique : Monstres Academy, de Dan Scanlon

Douze ans après Monstres & Cie, c’est un Pixar en perte de vitesse qui relance l’une des ses pépites avec un prequel sans grande inspiration.

 

Affiche du film Monstres Academy, de Dan Scanlon
Affiche du film Monstres Academy, de Dan Scanlon

 

Même quand il n’était qu’un tout petit monstre, Bob Razowski rêvait déjà de devenir une Terreur. Aujourd’hui, il est enfin en première année à la prestigieuse université Monstres Academy, où sont formées les meilleures Terreurs. Son plan de carrière bien préparé est pourtant menacé par sa rencontre avec James P. Sullivan, dit Sulli, un vrai crack qui a un don naturel pour Terrifier. Aveuglés par leur désir de se prouver l’un à l’autre qu’ils sont imbattables, tous deux finissent par se faire renvoyer de l’université. Pire encore : ils se rendent compte que s’ils veulent que les choses aient une chance de rentrer dans l’ordre, ils vont devoir travailler ensemble, et avec un petit groupe de monstres bizarres et mal assortis…

 

 

Le constat est sans appel : Comme Rebelle et Cars 2, Monstres Academy sera de ceux que l’on rangera dans la catégorie « aussi vite vu, aussi vite oublié ». Ne dépassant jamais le cadre du buddy-movie déguisant une parodie du film de campus bien américano-centrée, Monstres Academy ne propose aucune originalité, pas plus qu’il ne sert un divertissement à la hauteur des ambitions du premier volet, dont il explore l’avant, non sans références. On peine à sourire, contraint de se farcir pendant 90 minutes un scénario huilé sans folie, dont aucun des gags égrenés ne peut prétendre à devenir d’anthologie.

 

Extrait du film Monstres Academy (2013)
Extrait du film Monstres Academy (2013)

 

Un bien triste constat qui est à l’image de Pixar, maison d’animation de génie en complète perte de vitesse depuis que Disney est venu fourré son nez dans l’affaire, mais surtout depuis que des concurrents montent en puissance. Dernière, après DreamWorks puis Blue Sky, c’est Illumination avec Moi moche et méchant (sa suite a bouffé le record historique de Toy Story 3 au démarrage au BO US, tout un symbole) qui ont séduit les amateurs. Monstres Academy, comme Cars 2, sont l’illustration d’une ambition plus mercantile que créative visant à faire du billet vert en proposant des suites plates et convenues, plutôt que des scénarios originaux. Rebelle, littéralement coupé en deux, n’était que le prémice de cet esprit Pixar désormais disparu.

 

Extrait du film Monstres Academy (2013)
Extrait du film Monstres Academy (2013)

 

Emmené par Dan Scanlon dont il s’agit du passage au long-métrage (il avait réalisé Martin et la lumière fantôme, tout droit sorti de l’univers de Cars), Monstres Academy confirme ce que la bande-annonce laissait entendre : pas de vie, un buddy-movie dans ses fondations les plus bancales, un humour poussif, des dialogues frisant souvent le ridicule, mais une réunion familiale avant toute chose, devant une plastique irréprochable. Les amoureux d’animation auront probablement tout intérêt à prendre leur pied dans des productions parallèles, ou si trop accrochés à Pixar, dans les courts-métrages qui proposent en une dizaine de minutes bien plus de fantaisie et de poésie que les confrères longs. Quand on vous dit que le constat est triste…