Critiques de films, Thriller

Critique : On the Ice, de Andrew Okpeaha MacLean

Direction l’Alaska et le détroit de Béring au pays des Inupiaq, où un improbable thriller glacial a retenu notre attention. Son nom : On The Ice.

 

Affiche du film On the Ice, de Andrew Okpeaha MacLean
Affiche du film On the Ice, de Andrew Okpeaha MacLean

 

Qalli et Aivaaq, deux adolescents de la communauté Iñupiaq, mènent une vie sans histoire dans une petite ville isolée du nord de l’Alaska. Un matin tôt, ils décident de partir à la chasse aux phoques avec James, un de leurs amis. Une dispute éclate entre les trois garçons et se termine par la mort accidentelle de James. Liés par ce sombre secret, les deux adolescents inventent mensonges sur mensonges afin de ne pas éveiller les soupçons de leur communauté.

 

 

Originaire de cette région reculée d’Alaska, un peu coupée du monde, Andrew Okpeaha MacLean nous a offert une leçon de cinéma authentique, à défaut d’être parfait. Avec On The Ice, il construit un thriller froid sans esbroufe, et d’une efficacité tout aussi radicale. Pour se faire, il met en scène deux adolescents dévorés par leur mensonge après la mort accidentelle d’un de leurs meilleurs amis. Pas si accidentelle que cela. Le but du jeu est de montrer que l’accident et le meurtre ne sont pas si éloignés que cela. Le film se joue à deux niveaux : d’un côté, le plan purement thriller et ces deux ados tiraillés par le mensonge ; d’un autre, une vision plus intimiste des jeunes Inupiaq, coincés entre les traditions et l’inexorable attirance vers le monde occidental (usage des drogues, le rêve hip-hop…) qui est pourtant bien loin d’eux. Il n’y avait donc rien de mieux que d’avoir un réalisateur local pour nous parler d’enjeux locaux, de traditions, le tout dans une histoire qui pourrait se dérouler n’importe où, avec des acteurs non professionnels. En prime, le réalisateur nous capte toute l’ambiance des étendues glacées, un immense espace qui nous paraît pourtant terriblement enfermé, une sorte de métaphore de ce que vivent nos deux adolescents. Il fallait donc être courageux pour aller raconter une histoire aussi bien maîtrisée, par des températures aussi froides. On The Ice a d’ailleurs reçu justement le Prix du Meilleur Premier Film lors de l’édition 2011 du Festival International du film de Berlin.

 

L’avis : Froid, précis et intéressant du début à la fin, On The Ice s’érige en thriller implacable en même temps que belle chronique locale d’une ville isolée et seule sur la glace. Emotionnellement, on est touché et convaincu, on est loin du film grandiose, et pourtant on ne peut s’empêcher d’en sortir satisfait.