Critiques de films

Critique : Paranormal Activity 3, d’Henry Joost et Ariel Schulman

Après avoir ponctué sur une belle note finale son deuxième opus, la saga Paranormal Activity s’attaque aux origines avec une sorte de préquelle. Convaincant ?

 

Affiche du film Paranormal Activity 3, d'Henry Joost et Ariel Schulman
Affiche du film Paranormal Activity 3, d'Henry Joost et Ariel Schulman

 

Les origines des phénomènes paranormaux qui poursuivent la jeune Kate, à travers une préquelle qui revient sur sa jeunesse…

 

En 2010, Paranormal Activity 2, cette fois-ci réalisé par Tod Williams, était déjà une sorte de préquelle puisque l’action commençait 60 jours avant la mort de Micah (présenté dans le premier opus). Alors que le premier se cantonne uniquement à Katie, le second nous fait découvrir sa petite sœur, Kristi, elle aussi en proie aux phénomènes paranormaux et à la possession démoniaque. Cette même possession la quittera pour Katie, qui éliminera le reste de la famille (Daniel le mari de Kristi, sa propre sœur, et bien sûr Micah). Alors pour raconter une infime partie de l’intrigue de cette saga ? Tout simplement parce que si vous n’avez pas vu les deux premiers auparavant, vous ne pourrez pas comprendre ce troisième opus. Paranormal Activity revient donc sur les origines de l’arrivée du démon dans la famille, plongeant son action en 1988. On y voit donc une Kristi proche de cette identité invisible, qui terrorise la maison.

 

Le modus operandi de ce troisième volet est toujours le même. On filme à base de caméras amateurs, soit fixes, soit en mouvement. Sur la première partie du film, les longueurs sont trop nombreuses pour nous convaincre. Sur la seconde, si le rythme s’est accéléré et si le démon frappe avec plus de force, ce sont les explications qui manquent à l’appel et restent à la déduction du spectateur. Que veut donc prouver ce Paranormal Activity 3 ? Que la saga est plus complexe qu’elle n’en a l’air, derrière ses petits aspects physiques simplistes et peu coûteux ? Paranormal Activity a un scénario, on l’a compris depuis le deuxième opus. Cette préquelle continue d’alimenter la peur et le stress autour des événements paranormaux et de leurs manifestations, et cela continue de fonctionner auprès de ceux qui ont peur de la peur ou ceux qui en sont des grands amateurs.

 

Extrait du film Paranormal Activity 3 (2011)
Extrait du film Paranormal Activity 3 (2011)

 

Mais on y trouve vite des limites, comme lorsque la mère (Julie) s’amuse à terroriser son mari Dennis et Randy en sortant d’un dressing flanquée d’un masque d’Halloween. Il y a comme la volonté de constamment garder la peur, par tous les moyens possibles. Cette peur est toujours efficace à qui veut bien lui laisser la porte entrouverte, mais le spectateur est en droit d’en demander plus, et autre chose que du déjà-vu ! Paranormal Activity 3 montre vite ses propres limites, n’arrivant à renouveler les interventions démoniaques, avec autant de panache que dans les précédents films. Ce troisième volet réalisé par deux parfaits inconnus (Henry Joost et Ariel Schulman) ne captive pas, reste trop souvent incompréhensible et mise sur un final qui laisserait le spectateur sur sa faim.

 

L’avis : Trop facile dans son déroulé, employant les mêmes techniques qui font le succès de la saga au cinéma, ce Paranormal Activity 3 doit être celui des explications. Il n’en sera « presque » rien, tant il ne propose guère de nouveauté, si ce n’est de mettre deux petites filles face à la possession (l’enfant est toujours le bon ingrédient du film d’épouvante) et d’en tirer des explications hasardeuses.

 

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