Critiques de films, Epouvante-horreur

Critique : Paranormal Activity 4, de Henry Joost et Ariel Schulman

Quatrième opus pour la saga Paranormal Activity qui voit le traditionnel found footage devenir 2.0 et cet épisode verser dans le ridicule. Explications.

 

Affiche du film Paranormal Activity 4, de Henry Joost et Ariel Schulman
Affiche du film Paranormal Activity 4, de Henry Joost et Ariel Schulman

 

 

Paranormal Activity 4 est au cinéma ce que le coaster est à Disneyland. Un objet informe qui te vend de l’adrénaline et dont tu ressortirais déçu de ne pas avoir été transformé par l’expérience. Comme les meilleurs coasters ne se trouvent pas à Disney, Paranormal Activity 4 est loin d’être le film le plus effrayant de l’année. De plus il souffre d’une comparaison toute trouvée avec Sinister, film d’horreur de Scott Derrickson (L’Exorcisme d’Emily Rose) débarquant dans les salles une semaine plus tard, lequel pouvant aisément satisfaire le public amateur de sensations fortes, et prouver que oui, le grand frisson c’est ça.

 

 

Depuis la naissance de la saga, j’ai tenté de défendre Paranormal Activity face une critique diabolisante qui, pour la plupart des écrits, n’avait pas cerné l’objectif à l’écran. A savoir, créer la peur d’avoir peur. Tout un art subtil que le premier opus – qui reste le film le plus rentable de l’histoire du cinéma – s’évertue à faire évoluer avec honnêteté et grosses longueurs. Le principe du found footage redevenu à la mode avec Blair Witch trouvant sa justification dans le simple principe d’immersion. Le second reprend les mêmes idées et rallonge un poil le scénario. Le public commence à crier, à juste titre, à la publicité mensongère. Résultat, le troisième opus sera moins décrié car plus cérébral, fonctionnant sur un scénario plus complexe, bien qu’inabouti. Trêve de plaisanterie et qu’importe le scénario un brin bancal, Paranormal Activity est avant tout une excellente machine à billets verts qui a fait ses preuves dans le temps. Même si les Américains ont sensiblement boudé la sortie du quatrième opus (20 millions de dollars de moins que le 3ème opus en termes de recettes, dès le premier week-end d’exploitation). Qu’importe, l’affaire reste rentable, et le public répond suffisamment présent. De quoi déjà mettre en route un cinquième opus, doublé d’un spin-off sud-américain. Ca promet !

 

Sur le papier, Paranormal Activity 4, outre son agaçant penchant à faire de l’épouvante un commerce sans idées, n’a rien d’idiot. L’intrigue nous propulse ainsi en 2011 où l’on suit tranquillement les tribulations quotidiennes d’une famille habitant dans des quartiers aisés. Rien de bien passionnant sur le fond comme sur la forme, jusqu’à ce que débarque très rapidement la gueule d’ange Robbie, et sa mère, que le public connait mieux sous le nom de Katie, serial-killeuse possédée. Sans que l’on sache comment les deux sont arrivés ici, cet opus voudrait justifier l’absence d’Hunter, la petite bouille enlevée dans un précédent opus par Katie. Au menu, des possessions démoniaques, un jeune garçon masculin vierge en guise d’offrande et un pourquoi du comment toujours inexpliqué. En somme, un quatrième épisode porte-ouverte à de nouvelles suites où on aimerait une once d’enjeux. Ce qui semble amusant à constater après coup, c’est que Paranormal Activity fascine tout de même. La recette est éculée et on continue pourtant d’aller découvrir l’opus suivant en salles obscures.

 

Extrait du film Paranormal Activity 4 (2012)
Extrait du film Paranormal Activity 4 (2012)

 

Si l’absence d’intrigue peut se cautionner, le film d’épouvante n’ayant pas forcément fait de sa narration une force en règle générale, Paranormal Activity 4 déçoit dans la gestion de ses frissons et autres jump-scares, maladroitement mis en situation. L’ensemble est prévisible, la structure identique – le but est de jouer sur l’attente de voir débarquer quelque chose à l’écran – et l’épouvante tirée par les cheveux afin de faire un peu crier les plus susceptibles. Cela fonctionne sur un public pré-pubère, peu habitué à ce genre sur grand écran – ou alors très très chatouilleux – mais moins sur les amateurs de genre ayant déjà savouré bien pire l’écran, de Blair Witch à The Grudge. Le pire, ou le plus amusant selon l’angle pris, est de voir le scénario tenter des références (celle faite à Shining est aussi inutile que risible on vous l’accorde) ou de se raccrocher au monde réel 2.0 avec des placements de produits pour Apple ou encore l’utilité de Kinect pour détecter des esprits malveillants. On frôle l’hallucination ou la blague de mauvais goût. Avec un peu de chance, dans le cinquième opus, le démon préviendra par tweets.