Comédie, Critiques de films, Romance

Critique : Rock’N’Love, de David MacKenzie

Quelques jours après avoir déçu avec son dramatico-apocalyptico-romantique Perfect Sense, David MacKenzie propose un nouveau film au concept intéressant mais au resultat tout aussi pauvre. Son nom, kitchissime : Rock’N’Love.

 

Affiche du film Rock'N'Love, de David MacKenzie
Affiche du film Rock'N'Love, de David MacKenzie

 

 

 

Adam ( (Luke Treadaway), pop star américaine, et Morello (Natalia Tena), une jeune rockeuse britannique indé, doivent se produire dans le même festival rock : T in the Park en Ecosse. Alors que tout les oppose et qu’ils ne se supportent pas, ils se retrouvent menottés l’un à l’autre. Comment vivre le festival ainsi enchaînés – voir leur conjoint, dormir, se laver… et surtout, comment assurer leur concert alors qu’ils ne peuvent pas se séparer ? Malgré tout, petit à petit, Adam semble commencer à apprécier la situation…

 

Comme pour Perfect Sense quelques semaines auparavant, Rock’N’Love propose un concept intéressant. Deux chanteurs-leaders de leurs groupes respectifs, attachés par une paire de menottes en plein festival de musique, vont devoir cohabiter. Par pur hasard, cette étrange cohabitation va permettre une sorte d’alchimie et le développement de sentiments entre les deux. Une histoire d’amour, comme éphémère, est introduite avec toutes les grosses ficelles et les évidences qui vont avec. Pour se ponctuer sur une scène vomissante au possible, où le rockeur américain Adam, appelle sa nouvelle dulcinée Morello (se refusant jusqu’ici à croire qu’une histoire est possible) avec l’aide du public et la fait monter du scène, après que celle-ci ait fendu la foule. A en rire !

 

Extrait du filmRock'N'Love (2012)
Extrait du filmRock'N'Love (2012)

 

 

En revanche, Rock’N’Love propose un cadre attractif, qu’a su capter avec de manière intéressante le réalisateur de Toy Boy, My Name is Hallam Foe. Il a tourné en trois jours son film sur la plaine de Balado où se déroule le T in the Park, l’un des plus grands festivals britanniques de l’été qui fait de Balado la cinquième ville écossaise pendant ce long week-end de musique. A sa décharge, il fallait tout capter pendant un laps de temps très réduit. Difficile d’y rejouer des scènes ratés, tout semble être pris sur le fait. Cela donne un certain charme lorsque le duo évolue en backstage et que nos oreilles captent les prestations live de Gossip ou Editors, ou lorsque la caméra de David MacKenzie s’invite sur scène pour filmer la prestation de Paloma Faith et dans le public pour livrer un extrait dance du show de Calvin Harris (la star locale). Notre regard est plus intéressé par les lieux visités lors des pérégrinations d’Adam et Morello, du camping à la scène, en passant par les backstages, le village presse ou encore au milieu du public et cette véritable fourmilière que représente ce T in the Park. Trois équipes se sont séparés les tâches. L’une captait l’ambiance, l’autre tournait avec les comédiens (le chef-op Gill Nuttgens filmait caméra à l’épaule le comédien, pendant que MacKenzie armé Canon 5D filmait ce qui ne se captait qu’en l’espace de quelques secondes) et la troisième tournait avec d’autres comédiens. Enfin, le chef monteur Jake Roberts et son équipe s’occupaient en coulisses de monter les rushes, facilitant ainsi les prises de vues restantes à prendre sur le site du festival avec les acteurs.

 

Extrait du filmRock'N'Love (2012)
Extrait du filmRock'N'Love (2012)

 

 

La force du film, c’est donc de reposer sur une ambiance typique qui n’a pas eu besoin d’être recréée ou forcée pour les besoins du tournage. David MacKenzie et son équipe n’ont plus qu’à évoluer à l’intérieur pour raconter une histoire… qui malheureusement ne prendra jamais et ne captivera guère. La romance est trop évidente, l’attachement aux personnages impossible, des acteurs poseurs trop occupés à soigner un style plus qu’à proposer une prestation qui s’insère facilement dans l’histoire. Ce qui se vantait comme la « comédie déjantée de l’année » est à des années-lumières de déclencher l’hilarité, tant il galère déjà à nous faire sourire.

 

L’avis: Si David MacKenzie réussit à capter l’ambiance du T in the Park et nous donner l’envie d’y courir dès cet été, il échoue en revanche dans le but premier de son film: nous raconter une histoire pertinente, diriger des acteurs et nous captiver. Rock’N’Love transpire l’eau de rose, c’est aussi navrant que scénaristiquement pauvre.