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Critique : Rush, de Ron Howard

Ron Howard prouve qu’il est encore capable de faire parler la poudre quand il fait du Cinéma. C’est encore mieux lorsque ce film n’a rien à voir avec sa filmographie.

Affiche du film Rush, de Ron Howard
Affiche du film Rush, de Ron Howard

Rush retrace le passionnant et haletant combat entre deux des plus grands rivaux que l’histoire de la Formule 1 ait jamais connus, celui de James Hunt et Niki Lauda concourant pour les illustres écuries McLaren et Ferrari. Issu de la haute bourgeoisie, charismatique et beau garçon, tout oppose le play-boy anglais James Hunt à Niki Lauda, son adversaire autrichien, réservé et méthodique. Rush suit la vie frénétique de ces deux pilotes, sur les circuits et en dehors, et retrace la rivalité depuis leurs tout débuts.

Cela faisait cinq ans que Ron Howard n’avait pas signé un film potable et digne d’être savouré en salles obscures. Point de vulgarité ou de prétention, c’est un fait : on pensait Ron Howard incapable de renaître de ses cendres. Depuis Frost / Nixon, le réalisateur d’Apollo 13 oscarisé pour Un homme d’exception allait de déceptions en déceptions (Anges & Démons, Le Dilemme), traversant les genres, multipliant les projets dont beaucoup ne devraient pas aboutir. Puis, de l’ombre à la lumière (non, pas le film de 2005). Ron Howard nous surprend avec Rush. Autant dire qu’on a aimé la surprise, pris comme un vrai bonbon, un plaisir jouissif et non mesuré qui se laisse très bien apprécier sur grand écran.

Extrait du film Rush (2013)
Extrait du film Rush (2013)

Dans la veine de ce que l’on peut voir et tirer de mieux dans la saga Fast & Furious, Ron Howard met un malin plaisir à filmer à la perfection les scènes de course qui jalonnent Rush. Non seulement, c’est un film visuel avec une très belle photographie et la patte de metteur de scène qui sait de quoi il parle et avec quoi il joue, mais Rush est également un beau film d’amitié sur deux ennemis que tout oppose. Une rivalité comme le sport en offre de belles mais rares dans ses livres d’histoires. L’un est playboy, rôle qui sied à merveille au beau Chris Hemsworth, lequel prouve qu’en-dehors de Thor, il est capable de dépasser sa belle gueule pour livrer quelque chose plus intime. L’autre est une face de rat ambitieuse, mesquine, discrète et terriblement attachant. Face à Nikki Lauda, aka un excellent Daniel Brühl parfait dans le mimétisme (l’Actor’s studio d’Hollywood appréciera sûrement aux prochains Oscars, qui sait), Hemsworth est contraint de dévoiler une palette de jeu appréciable. Le duo qui, au départ, repoussait, finit par séduire comme une fin inéluctable. Rush est très simplement écrit, trop facilement à de nombreux moments, naïvement mis en lumière pour faciliter la compréhension du film. Rush se savoure surtout comme un divertissement, un plaisir-coupable et un typique piège hollywoodien dans lequel on se sent bien.