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Critique : Target, de McG

Des têtes d’affiche sexy, un pitch cool et ouvert aux gags délirants, Target a quelques atouts charme. Derrière, c’est surtout 70 millions de dollars de budget pour pas grand-chose : un film inégal, mollasson et prévisible.

Deux des meilleurs agents secrets au monde sont aussi les deux meilleurs amis dans la vie. Rien ne pouvait les séparer jusqu’au jour où ils découvrent qu’ils fréquentent depuis peu la même jeune femme, Lauren. Ce qui était au début un jeu de séduction sans conséquence et un simple défi amical se transforme vite en une guerre sans merci. Déploiement de technologies de pointe, moyens de surveillance high tech, c’est tout un arsenal capable de faire sauter un pays que les deux espions utilisent pour séduire leur target et mettre l’autre hors-jeu. Plutôt malheureuse en amour jusqu’ici, Lauren a désormais un choix impossible à faire entre deux hommes incroyablement sexy.

Terminator Renaissance, Charlie et ses drôles de dames (et sa suite) ou encore l’inconnu We Are Marshall. Tels sont les chefs-d’œuvre de Joseph McGinty Nichol (connu sous le nom de McG). Du lourd ! Avec Target, cette girouette du petit Hollywood – dont le talent n’est pas encore reconnu malgré les bons chèques qu’il a ramené pour Terminator et Charlie’s Angels – s’essaye à la comédie romantique, mais avec quand même un chouilla d’action histoire de ne pas dérouter ses fans de la première heure. Mais mieux encore ! De la belle gueule, McG en a dirigé dans sa solide carrière. Chez les girls, on a vu passé le trio Cameron Diaz – Drew Barrymore – Lucy Liu pour Charlie et ses drôles de dames. Chez les gars, Sam Worthington (dans Terminator, parce que Christian Bale est hors catégorie), Matthew Fox et Matthew McConaughey (pour We Are Marshall) et donc pour Target, le duo Chris Pine – Tom Hardy face à la plantureuse Reese Witherspoon. Chris double front Pine (un abonné à la catégorie navet dont il s’est fait roi) et Reese Witherspoon (malheureusement trop habituée à ce genre de rôle sans relief) pourquoi pas… Mais Tom Hardy !

 

Extrait du film Target (2012)
Extrait du film Target (2012)

Tom Hardy, ce petit bijou d’acteur, révélé par sa tonitruante prestation dans le Bronson de Nicolas Winding Refn, et qui explose face au grand public dans Inception et Warrior, et qu’on verra prochainement dans la peau de Bane pour The Dark Knight Rises ou chez Al Capone. Oui ce même Tom Hardy, joli sex-symbol britannique, à l’allure brutale et en même temps foncièrement attachante. Alors pourquoi est-il allé se fourvoyer dans cette comédie romantique aussi insipide ? Une pause dans une carrière où ses rôles se ressemblent sensiblement, et voici que débarque, venue de nulle part une comédie, permettant d’éviter ainsi l’étiquetage gratuit. La véritable raison est ailleurs : il incarne le seul personnage viable du film, un agent britannique au charme spécial, qui dans la quête du nouvel amour (et son opposition avec son meilleur ami) voit ressurgir son passé. Le seul personnage réfléchi et qui sur la longueur arrive à captiver notre intérêt. Et pas nécessairement que pour sa belle gueule.

Hormis ce détail positif, Target n’a pas franchement grand-chose à proposer de plus que… sa bande annonce. Un triangle amoureux vu sous l’angle de l’humour, des gags potaches à base de saynètes d’action, le tout dans un rythme vrombissant. Bande annonce visionnée au préalable, les gags deviennent plus difficilement risibles. Ils cachent surtout un défaut qui lui reste linéaire : le manque de consistance d’un film qui n’a rien à proposer d’orignal. Résultat des courses : cela se laisse regarder sans trop de prise de tête, mais vous êtes très loin d’un film notable, qui fera date dans les carrières de chacun, positivement parlant.

Sans réel intérêt, que ce soit dans le propos ou l’action, Target passe inaperçu face au radar du rire ou de l’émotion romantique. C’est très américain, ça ne déplaira pas au public amateur (quoique), et il n’y a que la belle gueule de Tom Hardy pour relever un niveau bien piètre.