Action, Critiques de films

Critique: The Amazing Spiderman 2 de Marc Webb

Spidey is back avec Andrew Garfield dans le costume de l’homme araignée.

Ce n’est un secret pour personne que le combat le plus rude de Spider-Man est celui qu’il mène contre lui-même en tentant de concilier la vie quotidienne de Peter Parker et les lourdes responsabilités de Spider-Man. Mais Peter Parker va se rendre compte qu’il fait face à un conflit de bien plus grande ampleur. Être Spider-Man, quoi de plus grisant ? Peter Parker trouve son bonheur entre sa vie de héros, bondissant d’un gratte-ciel à l’autre, et les doux moments passés aux côté de Gwen. Mais être Spider-Man a un prix : il est le seul à pouvoir protéger ses concitoyens new-yorkais des abominables méchants qui menacent la ville.  Face à Electro, Peter devra affronter un ennemi nettement plus puissant que lui.  Au retour de son vieil ami Harry Osborn, il se rend compte que tous ses ennemis ont un point commun : OsCorp.

Il y a quelques années, c’était chaud chez Sony. Ils devaient absolument mettre sur pied un nouvel épisode de Spiderman sous peine que les droits ne reviennent à Marvel Studios. Un 4e épisode réalisé par Sam Raimi était prévu (avec ce bon vieux Tobey Maguire qui devient on ne sait pas trop quoi d’ailleurs) mais, pour des raisons budgétaires, cela ne s’est pas fait et Sony s’est rabattu sur un reboot de la franchise. La tâche fut confiée à Marc « 500 Days Of Summer » Webb qui choisi Andrew Garfield pour incarner Peter Parker. Le résultat final fut probablement ce qui est toujours considéré comme le pire film produit sur le super-héros et ce malgré quelques éléments qui réjouirent les fans du comics (comme le fait que les fils de Spidey ne sortaient plus directement de son poignet mais bien d’une machine qu’il avait fabriqué). Autant dire que les craintes étaient bien présentes quand on a appris qu’il y aurait un second épisode et puis même un troisième et un quatrième, respectivement prévus pour 2016 et 2018. Ceux qui espèrent sans doute qu’ils ne verront pas le jour seront déçus. A l’heure où j’écris ces lignes, le film totalise déjà plus de 130 millions de dollars au box office mondial alors qu’il n’est pas encore sorti en France et surtout, pas encore sorti aux Etats-Unis.

The Amazing Spiderman 2 est la suite directe du premier. Elle repart sur base des acquis du premier dont la mort du père de Gwen Stacy. Cette mort va d’ailleurs revenir sans cesse à la figure de Peter car il a promis au père de protéger sa fille ce qui veut dire de s’en éloigner. Pas évident hein… Peter doit donc gérer sa relation avec Gwen mais il est aussi fort perturbé par la mort de ses parents. Il va devoir élucider les mystères qu’il y a autour de cette mort, autour d’Oscorp et de son meilleur ami Harry qu’il n’a pas vu depuis 10 ans et autour du méchant de ce nouvel opus : Electro. En plus du méchant précédemment cité, il y en a 2 autres, Rhino et le Bouffon Vert. Il y a donc beaucoup d’enjeux et, au vu du résultat, force est de constater que la déception est bel et bien présente.

A force d’avoir voulu développer beaucoup d’aspects de la mythologie de Spiderman, Marc Webb s’est perdu. Il s’est perdu car son film est beaucoup trop brouillon. Le film qui dure quand même 2h15 est finalement trop court au vu de ce qui devait être exploité. Webb ne fait qu’aborder certains sujets, en esquisse d’autres et en aborde réellement quelques uns à peine. Pour certains sujets, il va même un peu trop vite en besogne. On se dit que certaines choses sont abordées trop rapidement et qu’il aurait été plus judicieux de faire durer l’intrigue plus longtemps. Tout est beaucoup trop peu approfondi et la frustration est grande quand on ressort de la salle.

A côté de ça, Webb passe également de son sujet car tout est également trop lisse. Les personnages n’ont aucun relief. Andrew Garfield, acteur tout de même talentueux, passe complètement à côté du personnage. Cette impression qui ressortait déjà après The Amazing Spiderman est toujours présente après le 2. Peter Parker passe presque plus pour quelqu’un de cool alors que l’esprit du comic est quand même qu’il est censé être un personnage un peu à la marge de la société. Le comble de tout est quand même qu’il y a un sérieux manque d’émotion, problème probablement dû aux problèmes cités plus haut. Le reste du casting n’est pas en reste si ce n’est Emma Stone et Dane DeHaan qui ne s’en sortent pas trop mal. Jamie Foxx, correct avant sa transformation en Electro, vire dans le ridicule par la suite et ne parlons pas de Paul Giamatti (qu’on voit très peu) qui apporte tout le surjeu nécessaire à une prestation qui ne restera pas dans les annales.

Malgré tout, le film n’est pas pour autant ennuyeux. On parlera plutôt de déception car c’est plutôt un produit très typé et standardisé. Les scènes d’action sont plaisantes à suivre bien que pas vraiment imaginatives et originales. La réalisation de Marc Webb, pas vraiment inspirée, fait le boulot en ce qui concerne les scènes d’action. Les effets spéciaux ne sont pas géniaux non plus, particulièrement en ce qui concerne Electro. Les images de New York, quant à elles, sont plutôt belles et c’est vraiment agréable de se promener dans Big Apple sous cet œil.

The Amazing Spiderman 2 est un divertissement, qui, bien qu’il ne soit pas mauvais ou nul, reste toutefois une déception. Les nombreux enjeux retombent vite à plat et Webb ne reste qu’en surface des sujets réellement intéressant. L’émotion n’est pas vraiment présente alors que ce ne sont pas les prétextes qui manquent. Reste les scènes d’action plutôt conventionnelles qui assurent tout de même le boulot. La B.O. d’Hans Zimmer ne marquera pas non plus les esprits. Avis aux amateurs, comme d’habitude pour les films Marvel restez après le générique, vous ne serez pas au bout de vos surprises (c’est même probablement la seule que vous aurez).