BIFFF 2014, Critiques de films, Fantastique

Critique: The Quiet Ones de John Pogue

Dernier né de la Hammer, The Quiet Ones était en avant-première mondiale au BIFFF.

 

Affiche de The Quiet Ones de John Pogue (2014)
Affiche de The Quiet Ones de John Pogue (2014)

La Hammer, c’est le studio des films de Dracula avec Christopher Lee. Pas un petit studio donc. Cette année, il fête ses 80 ans et propose, pour l’occasion, un nouveau long-métrage: The Quiet Ones. Inspiré de faits réels, l’histoire raconte comment un professeur d’Oxford mène des expériences sur une fille possédée et ce, avec ses meilleurs élèves pour l’aider dans sa tâche. Un film qui tend vers les classiques du genre mais n’arrive pas à avoir leur crédibilité et efficacité.

 

Des films sur des gens possédés, il n’en manque pas. Surtout ceux qui, comme The Quiet Ones, parlent d’expérimentations dans les années 60. Une histoire somme toute classique, qui a souvent été vue dans les films du genre. Le problème ici est que la trame scénaristique est assez faible. Parfois un peu trop roccambolesque (le fantastique n’excuse pas tout) mais surtout pas assez consistant, on sent que cela a été laborieux pour tenir sur la longueur. Il y a de longs passages à vide qui font qu’on peut s’ennuyer.

 

Cependant, au BIFFF, pas question de s’ennuyer. Le public, très bavardeur, peut faire passer un moment qui s’annonce pénible en excellent moment. Car, la force du BIFFF, c’est son public incroyable qui fait que chaque édition est extrèmement attendue.

 

Extrait de The Quiet Ones de John Pogue (2014)
Extrait de The Quiet Ones de John Pogue (2014)

Autre problème du film, son montage. Au delà de faire cheap (ce n’est jamais vraiment avec ce genre de film), il est surtout très mal rythmé, ce qui n’aide évidemment pas sachant les problèmes scénaristiques évoqués plus haut. En plus de tout ça, il faut évoquer un problème global de mise en scène. Je ne sais pas ce que John Pogue avait en tête mais, si c’est le résultat qu’il voulait, autant dire que c’est plustôt foireux et surtout, foiré. Il n’y a aucune direction d’acteurs. Le problème principal à ce niveau, c’est Jared Harris, connu pour avoir joué le rôle de Moriarty dans les Sherlock Holmes de Guy Ritchie. A part fumer, il ne fait pas grand chose. Il observe beaucoup, parle un peu, et s’énerve de temps en temps. Un jeu très en retenue, trop même, qui manque clairement de punch et d’entrain. A ses côtés, Sam Claflin ne fait pas beaucoup mieux. A l’image de son personnage, il a l’air un peu perdu. Son interprétation reste quand même correcte (on a vu bien pire) mais on voit quand même qu’il n’est pas au mieux.

 

Pour conclure, si The Quiet Ones est un film devant lequel on peut beaucoup s’amuser dans le cadre d’un festival comme le BIFFF, pas sur du tout que l’effet soit le même si on découvre le film en salle normalement. Pas tout à fait mauvais, il semble un peu baclé, tant au niveau technique qu’au niveau du casting qui n’est pas sous son meilleur jour. Un peu dommage pour une major de ce calibre de nous offrir ça pour son 80e anniversaire.