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Critique : The Ryan Initiative de Kenneth Branagh

Chris Pine n’est pas Harrison Ford, Kenneth Branagh n’est guère John McTiernan. Bref, ce Jack Ryan rebooté aurait mieux fait de rester à l’état de projet.

Affiche du film The Ryan Initiative, de Kenneth Branagh
Affiche de The Ryan Initiative de Kenneth Branagh (2014)

Ancien Marine, Jack Ryan est un brillant analyste financier. Thomas Harper le recrute au sein de la CIA pour enquêter sur une organisation financière terroriste.
Cachant la nature de cette première mission à sa fiancée, Jack Ryan part à Moscou pour rencontrer l’homme d’affaires qu’il soupçonne d’être à la tête du complot.
Sur place, trahi et livré à lui-même, Ryan réalise qu’il ne peut plus faire confiance à personne. Pas même à ses proches.

 2013 a eu Die Hard 5, 2014 a Jack Ryan. On ne portait guère trop d’espoir en ce reboot de Jack Ryan, célèbre espion de Tom Clancy, lequel en avait déjà vu des vertes et des pas mûres de son vivant. Kenneth Branagh n’a pas touché le pompon en matière de nullité, quand bien même The Ryan Initiative est un sacré nanar, mais son film ne donne aucun nouveau souffle au personnage. Si ce n’est que Ryan est rajeuni, dans la peau d’un Chris Pine sans charisme. Côté scénario, outre cette intrigue de grande envergure où le spectateur n’a pas envie de faire travailler un seul neurone tant elle ne passionne pas, Branagh, allié au scénario de Koepp (Mission Impossible), fait revivre trois grandes époques historiques dans un scénar foutraque où l’humour ne trouve pas sa place, pas plus que l’intelligence d’un propos effleuré du bout de la plume.
Extrait du film The Ryan Initiative (2014)
Extrait de The Ryan Initiative (2014)

Rien n’est crédible dans The Ryan Initiative. De l’action à l’intrigue rocambolesque où certaines scènes frisent le ridicule et la parodie involontaire, aux sempiternels clichés romantiques (un couple qui ne fonctionne jamais), patriotiques, géopolitiques (ah la Guerre Froide, ça faisait longtemps, avec un soupçon de 11-septembre et de crise financière actuelle). Ryan n’est pas James Bond, il n’est pas plus fun que John McClane, et Bourne est mille fois plus intéressant, tant sur le fond que sur la forme, et au final, à l’image de The Ryan Initiative, on ne tarde pas à l’oublier. Reste, dans cet amas de clichés et d’incohérences scénaristiques, quelques scènes d’action nerveuses distillées au compte-goutte, donnant ainsi au film un peu plus de vigueur, afin de répondre également au code premier du divertissement. Mais le shakespearien Kenneth Branagh, réalisateur bien trop classique (et moins inspiré que pour Thor) et vilain définitivement pas crédible, s’est pris les pieds dans le tapis. Jack Ryan à nouveau enterré ? Seul le box-office décidera si oui ou non, le héros de Clancy aura le droit à une nouvelle franchise.