Comédie, Coup de coeur, Critiques de films, Drame, Romance

Critique : The Sessions, de Ben Lewin

The Sessions, qui parle de sexe et de handicap sévère avait tout du film casse-gueule. C’était sans compter sur ses acteurs, sa narration et son optimisme à toute épreuve.

 

Affiche du film The Sessions, de Ben Lewin
Affiche du film The Sessions, de Ben Lewin

 

Mark fait paraître une petite annonce : « Homme, 38 ans, cherche femme pour relation amoureuse, et plus si affinités. En revanche paralysé… Amatrices de promenade sur la plage s’abstenir… ». L’histoire vraie et bouleversante d’un homme que la vie a privé de tout, et de sa rencontre avec une thérapeute qui va lui permettre d’aimer, « comme tout le monde ».

 

 

Quand Alejandro Amenabar parlait de désir de mort et de poésie dans un corps enfermé pour Mar Adentro, The Sessions lui répond 7 ans plus tard par un tout autre son de cloche. Point de pessimisme ici, mais beaucoup de vérités, d’universalité et bien entendu d’humanité. Évitant le piège de la mièvrerie et d’une narration trop écrite, le film de Ben Lewin (La montre, la croix et la manière) témoigne avec authenticité qui nous touche, d’un double sujet tabou : le sexe, comme épanouissement personnel, comme confort, face aux sentiments amoureux, et surtout le handicap qui brise une vie. Pas de censure dans The Sessions, et encore moins vu la situation physique dans laquelle se trouve Mark, campé par un démentiel John Hawkes : il est paralysé, et espère trouver dans une thérapeute du sexe – et non une prostituée – la voix de l’amour, et surtout perdre sa virginité.

 

Extrait du film The Sessions (2013)
Extrait du film The Sessions (2013)

 

Pour raconter cette histoire incroyable, The Sessions se base sur l’article écrit (On Seeing a Sex Surrogate) par Mark O’Brien combiné aux récits d’une thérapeute clinicienne qui s’épanchera sur l’intimité de cet homme décédé 7 ans après l’écriture de cet article fameux. Le réalisme de cette histoire bouleversante dans sa plus grande retenue tient au brio de ses acteurs principaux. John Hawkes crève l’écran dans la peau de Mark O’Brien sans jamais verser dans la surenchère. Son personnage est forcément bouleversant, mais il reste avant tout humain et catalyse cette conception du désir, trop souvent jetée par-dessus l’épaule dans le cinéma américain. Avec Helen Hunt, sensuelle et délicate comme jamais dans ce rôle complexe, ils forment un couple attachant, auquel viennent se greffer des seconds rôles tout aussi pertinents – un bon point pour un film qui parle de handicap et de désir – avec William H. Macy en homme de foi, ou Annika Marks. Difficile de retenir ses larmes au final, parce que sans les violons, The Sessions a réussi à créer un lien entre ce qui est montré, et le fort intérieur d’un spectateur. De ce film plein d’humanité et d’émotions, on en ressort un vrai coup de coeur singulier et caustique.