Critiques de films, Thriller

Critique: Tom à la ferme de Xavier Dolan

Le jeune réalisateur québécois revient avec son 4ème long-métrage (déjà!) dans un film loin de son répertoire habituel: le thriller.

432844

Un jeune publicitaire voyage jusqu’au fin fond de la campagne pour des funérailles et constate que personne n’y connaît son nom ni la nature de sa relation avec le défunt. Lorsque le frère aîné de celui-ci lui impose un jeu de rôles malsain visant à protéger sa mère et l’honneur de leur famille, une relation toxique s’amorce bientôt pour ne s’arrêter que lorsque la vérité éclatera enfin, quelles qu’en soient les conséquences.

TOM A LA FERME Bande Annonce

Et malgré une bande-annonce qui éclate, malgré un sélection au festival de Venise et le prix Fipresci en poche, il faut bien l’avouer ce Tom à la ferme n’a rien d’Hithcockien comme l’annonce les médias ou de révolutionnaire. Au final, on doit le dire, on est un peu déçu.

Et pourtant Xavier Dolan est vraiment un réalisateur de grand talent, son âge et le nombre de films qu’il a déjà fait l’atteste : 24 ans, 5 long-métrages et tous passés dans de prestigieux festivals. Le dernier en date, « Mommy » qui sera en compétition officiel au festival de Cannes 2014, enfin la consécration pour le jeune réalisateur qui avait vu ses deux premiers films dans les sélections alternatives de Cannes.

 

Autant Xavier Dolan avait réussi avec brio à rendre des sujets aussi difficiles sur l’homosexualité et sur la transexualité, universels, autant il se perd ici dans un semblant de thriller…

Premier film non écrit par lui, mais basé sur la pièce de théâtre de Michel-Marc Bouchard du même nom. Une pièce forte sur l’acceptation de l’homosexualité; un sujet légèrement délaissé pour une fois par Xavier Dolan qui a plutôt souhaité se concentrer sur l’aspect thriller.

Les ingrédients y étaient : une image grise, brumeuse, toute en langueur, une atmosphère musicale inquiétante magnifiquement réalisée par le maître Gabriel Yared. Seule l’intensité manquait, des péripéties peu crédibles et qui ne font pas avancer l’histoire, un « méchant » que l’on n’arrive pas à cerner et ainsi pas à craindre; et surtout une psychologie des personnages qui prend le dessus sur l’action, mais une psychologie brouillonne, pas maîtrisée et du coup on se surprend à l’ennui.

Une déception donc, les amateurs de thriller passeront leur chemin, et les amateurs de Dolan seront désorientés; même son célèbre goût pour les musiques additionnelles enivrantes ne tient pas la première demi-heure du film, et cette première scène dans la voiture.

Une tentative louable donc pour ce jeune réalisateur canadien, mais quelque peu manquée.