Critiques de films, Documentaire, Drame

Critique : Tourbillon, de Helvécio Marins Jr et Clarissa Campolina

Joie de vivre et mise en scène mollassonne cohabitent difficilement dans ce Tourbillon qui n’a que le titre.

 

Affiche du film Tourbillon, de Helvécio Marins Jr et Clarissa Campolina
Affiche du film Tourbillon, de Helvécio Marins Jr et Clarissa Campolina

 

Elle a 81 ans et elle danse encore. Au Brésil, Bastu vit au rythme des fêtes de son village, de la musique traditionnelle, de ses imaginations surréalistes et des rêves qui ont composé sa vie.
Un matin, elle découvre son mari décédé dans son sommeil. Malgré le deuil soudain et l’impression de réapparitions incessantes, elle conserve tout son esprit, ses notes d’humour, son envie de s’amuser et de vivre.

 

 

Toute ressemblance avec le film Historias ne serait que purement fortuite. Réflexion sur l’existence, le deuil et la vie, Tourbillon lui ressemble étrangement et pas uniquement sur le fond. De cette volonté à osciller entre réalisme d’un documentaire et fiction, sans jamais s’identifier quelque part, Tourbillon se sert lui aussi d’une plastique irréprochable pour sublimer le propos de sa narration qui se force à éviter les écueils du pittoresque trop aisément attachant. En dépit d’un optimisme matraqué à tout bout de chant, Tourbillon ennuie plus qu’il ne touche. Une mise en scène figée et des plans rarement en mouvement retiennent plus notre attention sensée pourtant aller vers le personnage principal, une vieille femme du Brésil profond qui fait le deuil d’un mari entre joie de vivre et apparitions surréalistes. Une appréhension du monde pour mieux décomposer le deuil autour de quelques éléments narratifs qui resteront inexpliqués. Une belle photographie compense le cadre fixe voulu par les deux réalisateurs, Helvécio Marins Jr et Clarissa Campolina. Le fil conducteur est trop visible et si le film transpire la joie de vivre à transmettre, Tourbillon souffre de ses longueurs et d’une narration sans relief. Il faut attendre les quelques scènes finales où notre femme endeuillée se pose face à cette rivière symbolisant le temps qui passe et l’inertie de la vie. Derrière une forme trop parfaite qu’elle semble faire office de cachette, l’intrigue ne captive guère plus, les enjeux étant trop rares. Tourbillon se pose ainsi comme une ode à la vie trop simplette pour susciter une once d’émotion régulière.