Comédie, Critiques de films, Epouvante-horreur

Critique : Tucker & Dale fightent le mal, d’Eli Craig

Dans la lignée de Shaun of the Dead, Tucker & Dale fightent le mal entre dans le panthéon encore relativement vide des bonnes comédies-parodies du cinéma d’horreur classique. On ne va bouder son plaisir, surtout quand c’est bon !

 

Affiche du film Tucker & Dale fightent le mal, d'Eli Craig
Affiche du film Tucker & Dale fightent le mal, d'Eli Craig

 

 

Tucker et Dale sont deux gentils péquenauds venus se ressourcer en forêt. Ils y rencontrent des étudiants venus faire la fête. Suite à un quiproquo entraînant la mort d’un des jeunes, ces derniers pensent que Tucker et Dale sont des serial-killers qui veulent leur peau, alors que nos héros pensent que les jeunes font partie d’une secte et qu’ils sont là pour un suicide collectif ! C’est le début d’un gigantesque malentendu dans lequel horreur et hilarité vont se mélanger.

 

 

Connaissiez-vous les rednecks, le plus souvent des hommes qui résident en pleine Amérique profonde, cultivant la terre dans un coin paumé, et qui ont le bonheur de croiser face caméra une bande de jeunes un peu trop pédants. Cela a inspiré à de très nombreuses reprises, plusieurs classiques du cinéma d’horreur, comme Massacre à la Tronçonneuse, Vendredi 13 ou Délivrance par exemple. Le premier long métrage d’Eli Craig a donc choisi de parodier tout cela, à l’aide de clins d’œil appuyés, jouant de quiproquos ou de pastiches. Problème : la délirante bande-annonce en dit beaucoup, notamment sur l’action et ses morts absolument ridicules. On aura finalement peu de surprises dans le long métrage, mais on se délecte de nombreux clins d’œil, que ce soit la scène d’introduction, ou encore la première confrontation entre les jeunes et ces deux rednecks « péquenauds » pas doués que sont Tucker et Dale, dans une station-essence.

 

Extrait du film Tucker & Dale fightent le mal
Extrait du film Tucker & Dale fightent le mal

 

 

Le spectateur s’amuse avec cette parodie qui réussit à nous faire garder un rire constant, sans tomber dans la surenchère pour autant. Juste le pesant de délire et de quiproquo qu’il faut. Le rythme est agréable, l’ambiance sympathique, bien que l’action soit assez prévisible, notamment à cause de cette bande-annonce qui en disait trop. Le réel tour de force est de nous proposer un brin d’attachement aux personnages, notamment autour de ces deux meilleurs amis, venus passer des vacances, et qui tombent sur des jeunes qui sont eux-mêmes persuadés que les deux étranges types sont de terribles tueurs. De la bimbo au petit con qui pense tout savoir, sans oublier l’intello coincé, la gamme de personnages ne surprend pas. L’habilité réside plutôt dans les détails, que ce soit les lieux utilisés (forêt, cabane isolée, la fabrique abandonnée), un brin de sentimentalisme, et le sanguinolent franchement risible.
Le principe même, est amusant et tient sur la longueur. Il enchantera le fan ou l’amateur de cinéma de genre, mais il y a fort à parier que certains pourraient se limiter à ces quelques images qui résument parfaitement le film, mais mangent également une bonne partie de l’intérêt qu’on pourrait porter à ce long métrage, finalement réussi, ce qui rare et bon pour être signalé.

 

 

L’avis : Une parodie réjouissante et réussie du survival d’horreur. Malgré une bande-annonce qui en montre beaucoup, ce premier film d’Eli Craig réussit à maintenir l’intérêt du spectateur par un humour décalé infaillible et des clins d’œil appuyés au cinéma de genre qui réussiront assurément à en convaincre plus d’un.