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Critique : Twilight – Chapitre 5 : Révélation 2e partie, de Bill Condon

Le cinquième et ultime chapitre de la saga Twilight vient clore en beauté une fresque teenager qui n’a cessé d’osciller entre eau de rose et enjeux sans relief.

 

Affiche du film Twilight - Chapitre 5 : Révélation 2e partie, de Bill Condon
Affiche du film Twilight – Chapitre 5 : Révélation 2e partie, de Bill Condon

 

Après la naissance de sa fille Renesmée, Bella s’adapte peu à peu à sa nouvelle vie de vampire avec le soutien d’Edward. Se sentant menacés par cette naissance d’un nouveau genre, les Volturi déclarent la guerre à la famille Cullen. Pour préparer leur défense, les Cullen vont parcourir le monde pour rassembler les familles de vampires alliées et tenter de repousser les Volturi lors d’un ultime affrontement.

 

 

Si le changement était bien le maître-mot de l’année 2012, cet ultime chapitre venant conclure la saga Twilight serait un petit bijou prometteur, capable de faire oublier tous les errements passés. Hélas non. Repartant sur les mêmes bases que la première partie de ce Breaking Dawn, cet ultime épisode lâche son premier constat sans équivoque : deux parties pour un seul chapitre est assurément la décision la plus contestable pour Stephenie Meyer à la production ou Melissa Rosenberg au scénario. Commercialement parlant, c’était le moyen d’engranger toujours plus billets verts (2,5 milliards de dollars jusqu’ici) et relancer le suspense autour d’un final plus attendu qu’il n’y paraît. Ainsi, dès le début de la narration, le film vient se vautrer dans la naïveté de dialogues limités et l’ennui prend le dessus. Soit près d’une demi-heure largement dispensable. A l’instar du medley musical ouvrant le long métrage de Bill Condon – choix par ailleurs naïf et pathos – Twilight : Révélation 2nde partie est un condensé de ce que la saga a donné à voir pendant 4 ans. De la romance exacerbée, des enjeux dramaturgiques trop vite enterrés, des irrégularités de mise en scène, des grossières fautes de rythmes, des acteurs trop rarement convaincants et un récit d’ensemble qui ne prend pas au premier visionnage. La preuve aujourd’hui, un chapitre 2 s’avère plus intéressant qu’à sa sortie. Alors Twilight aurait-il inconsciemment et lentement régressé pour mieux nous dérouter à la fin ?

 

 

Extrait du film Twilight - Chapitre 5 : Révélation 2e partie (2012)
Extrait du film Twilight – Chapitre 5 : Révélation 2e partie (2012)

 

Dans l’inconsistance de scènes transpirant le déjà-vu, cet ultime chapitre laisse de nouveau entrevoir tous les défauts qui ont trop souvent jalonné le récit. Kristen Stewart joue comme un pied (franchement qui a envie de croire qu’un tel personnage peut assurer les responsabilités d’une mère !), Robert Pattinson s’ennuie aussi ferme que nous et Taylor Lautner fait du Taylor Lautner. Fort heureusement, cela ne durera que jusqu’au réveil, la partie qui répond enfin au titre qu’elle porte : Révélation. Car oui, enfin, ô délivrance, Twilight lève le voile sur de l’action, des enjeux, une limpidité de récit et même une audacieuse réécriture finale qui surprendra les assidus de la saga papier. Renesmée (Mackenzie Foy) est en quelque sorte l’élément salvateur. A l’image de son étonnante croissance, les enjeux se dévoilent aussi rapidement que les questions trouvent des réponses. Tout réside désormais dans le rythme, plus saccadé, et dans la gestion d’une action définitivement plus alléchante. Twilight 5 devient aussi plus clair sur l’idéologie prônée. Les Cullen représentent les idéaux mormons et la modernité voulue par cette église, pendant que les Volturi (emmenés par un Michael Sheen en grande forme) incarnent la conservatrice Eglise catholique dépassée et condamnée à faire imprimer leurs règles, y compris par la violence. Des flashbacks historiques symbolisent même cette rupture. Twilight s’est dénudé et montre enfin de la sincérité, reléguant son romantisme à l’eau de rose au second plan, ce qui n’est pas pour nous déplaire.

 

 

A l’image du quatrième opus, Twilight s’est installé dans l’économie. Peu d’action, pas d’effets spéciaux ou presque et des enjeux répétitifs. Même la bande originale, seul secteur à garder cohérence et qualité côte à côte, perd en intérêt. Ce cinquième épisode, moins lancinant jouit d’une certaine continuité (bases scénaristiques et le maintien de Bill Condon pour un second film, une première pour la saga) et s’en trouvera justement récompensé dans un final plus surprenant. Petit à petit, ce nouveau puzzle se dévoile alors que le spectateur fait connaissance avec une pléiade de nouveaux vampires venus des quatre coins de la planète (des vampires indiens ou amazones, qui l’eut cru !) qui viennent effacer tendrement le trio habituel. Le changement, tardif, est en train de se développer, au fur et à mesure que le scénario exploite les bonnes idées du livre (les vampires ont chacun des pouvoirs différents, un peu à la manière d’un super-héros) pour amener tranquillement les enjeux au choc final. Là, le combat ne manque pas de violence, le tragique y tient enfin une place intelligente et Twilight se découvre un penchant subversif avant de briser avec délice cet instant jouissif.

 

Extrait du film Twilight - Chapitre 5 : Révélation 2e partie (2012)
Extrait du film Twilight – Chapitre 5 : Révélation 2e partie (2012)

 

 

L’avis : Malgré le final épique et l’intelligence de certains choix suintant enfin la sincérité, cet ultime opus n’arrive à faire oublier toutes les erreurs qui ont, elles, fait preuve de régularité. Finalement, sans être extrêmement brillante, cette fin procure une jouissance à laquelle la saga ne nous avait pas habitué. Du haut de son cheval blanc, elle vient surtout enlever le spectateur de cette détestable torpeur qui ouvre pourtant cet ultime épisode. Twilight termine donc sur une note honorable mais permet surtout d’apprécier à sa juste valeur le mot « fin », n’en déplaise aux fans.