Comédie, Critiques de films, Drame

Critique : Un Eté à Osage County de John Wells

Le cabotinage de trop de Meryl ?

 

Affiche de Un Eté à Osage County de John Wells (2014)
Affiche de Un Eté à Osage County de John Wells (2014)

Il y a quelques années, la pièce de théâtre August : Osage County (le titre original du film) a connu un très gros succès. Nul n’en fallait plus pour qu’un studio décide de l’adapter au cinéma. C’est donc le résultat que nous découvrons aujourd’hui en salles. A la barre : John Wells, réalisateur d’épisodes de séries et du film The Monuments Men dans lequel on retrouvait déjà Chris Cooper.  L’histoire raconte comment une famille se retrouve et se déchire après la mort du patriarche (joué par ce bon vieux Sam Shepard). Le diner de funérailles tourne au pugilat et rien ne sera plus comme avant. En fait, Un Eté à Osage County est un peu le Festen version Amérique profonde.  Mais n’est pas Festen qui veut…

Parce qu’il y a un hic majeur : c’est le rythme. Le film dure 2 heures et le climax du fameux diner de funérailles se situe à la moitié. Lors de ce repars, tout vole en éclats. Que raconter après ça ? Wells pense avoir trouvé la parade mais, malheureusement, elle ne fonctionne pas vraiment. Après ce moment, on nous montre diverses situations toutes plus rocambolesques les unes que les autres. A croire que cette famille a été touchée par une malédiction ou un fléau tellement c’est grave. Et ça en devient ridicule. Alors évidemment, chaque acteur a droit à une scène d’anthologie mais, au final, ce n’est pas intéressant. C’est même le contraire qui se produit, on s’ennuie. C’est plutôt paradoxal vu l’animation qui règne lors de certaines de celles-ci.

 

Extrait de Un Eté à Osage County de John Wells (2014)
Extrait de Un Eté à Osage County de John Wells (2014)

Au niveau du casting, il y a donc le précédemment nommé Chris Cooper, Meryl Streep, Julia Roberts, Ewan Mc Gregor, Abigail Breslin, Benedict Cumberbatch et j’en passe. C’est plutôt impressionnant c’est certain. Un casting plus qu’impressionnant sur le papier. Et le problème de jeu ne vient pas forcément des plus aguerris, bien au contraire. Le vrai problème d’interprétation vient de la multi-nommée aux Oscar : la bien aimée Meryl Streep. Si son jeu n’est « que » légèrement perturbant au début, on se rend vite compte qu’elle cabotine sans arrêt si bien que ça en devient gênant par la suite. Meryl Streep est une icône, une actrice habituée aux performances (voir La Dame De Fer par exemple) mais ici, elle est fait vraiment beaucoup trop, des caisses. A ses côtés, les autres acteurs font du bon boulot, ils sont plutôt justes. Mais on en revient au problème de rythme qui gangrène le récit et donc les scènes les concernant.

 

En résulte donc un ennui et de la consternation face à tant de gâchis. Le côté théâtral n’est pas gênant du tout mais il n’est pas assez assumé ou pas assez étouffant pour que l’histoire fonctionne totalement pour les spectateurs. C’est souvent le problème des pièces de théâtre adaptées au cinéma. Le rôle principal joué par Meryl Streep n’est pas à la hauteur ce qui est regrettable vu le potentiel qu’avait l’histoire pour donner un grand film. Dommage.