Critiques de films, Policier

Critique : Une Nuit, de Philippe Lefebvre

Dans une unité de temps et de lieu, Philippe Lefebvre nous plonge dans le Paris de la nuit, aux côtés de Roschdy Zem et Sara Forestier, pour un polar intéressant et nostalgique.

 

Affiche du film Une Nuit, de Philippe Lefebvre
Affiche du film Une Nuit, de Philippe Lefebvre

 

 

Paris. Simon Weiss, commandant à la Brigade Mondaine, entreprend, comme chaque soir, sa tournée des établissements de nuit. Son métier. Une nuit, mais pas comme les autres… Très vite Weiss comprend qu’on veut le piéger. Pris en tenaille entre la police des polices et les voyous, Weiss va se défendre, affronter flics, hommes d’affaires et malfrats…

 

 

Paris la nuit fascine. De Pigalle la nuit aux Beaux mecs, sans oublier de nombreuses parties de films choisissant d’y poser leurs actions, la nuit à Paris est un monde à part. Un fantasme, de désir et de violence, d’histoires intrigantes et dangereuses. Une Nuit résume un peu tout ça l’enjeu de cette unité de temps et de lieu. En suivant le parcours d’un commandant de la Mondaine (Roschdy Zem), Philippe Lefebvre plonge dans son spectateur dans la froideur et l’inconnue de la nuit parisienne. Pas tant que cela pour le personnage de Simon Weiss, commandant de la Mondaine, qui doit jongler entre voyous, riches et dirigeants de boîtes de nuit, et en même temps la police des polices qui surveille ses actions. Car Weiss procède d’une manière peu classique, mais plus adaptée aux conditions. Il joue sur les chantages et la carte du donnant-donnant entre les acteurs de la nuit parisienne. Comme un spectateur dans la salle, (Laurence Deray) Sara Forestier regarde discrètement Weiss évoluer sur son terrain. L’interprétation de Roschdy Zem reste assez linéaire mais il finit par s’imposer avec classe et sobriété, notamment face à Samuel Le Bihan et Grégory Fitoussi.

 

Extrait du film Une Nuit (2012)
Extrait du film Une Nuit (2012)

 

La force d’Une Nuit, c’est que le film respecte la règle des trois unités de temps spécifique au théâtre classique (temps, lieu, action). L’histoire se déroule ainsi en un jour (en l’occurrence une nuit), en un lieu (la ville de Paris) et en une intrigue centrée sur les conflits d’intérêts qui tournent autour d’un personnage central. Pour mieux cerner l’ambiance parisienne, Une Nuit s’est tourné en HD plutôt qu’en 35 mm, pour éviter l’ajout d’éclairages, et capter tout le côté sombre du lieu. Force est de constater que ce choix fonctionne et donne à ce film un aspect physique intrigant, sans être pour autant suffocant. On se laisse porter par ce polar agréable, loin d’être doté d’un stress incroyable, mais suffisamment intéressant pour nous captiver dans l’ensemble et nous satisfaire de la prestation faite à tous les niveaux.

 

L’avis : Un film propre et sans esbroufe qui nous offre une peinture intrigante de la vie parisienne dans une unité de temps, de lieu et d’intrigue propre au théâtre.