Comédie, Critiques de films, Drame

Critique : Villegas, de Gonzalo Tobal

Entre nostalgie et chronique initiatique, Gonzalo Tobal signe avec Villegas un beau choc fraternel sincère dans la lignée du confrère sud-américain Les Acacias.

 

 

Esteban et Pipa, deux cousins autrefois inséparables, se rendent ensemble à l’enterrement de leur grand-père à Villegas, le village où ils ont passé leur enfance. 
Les deux trentenaires affrontent pour la dernière fois leur passé et vont devoir apprendre à grandir, entre tensions et complicité.

 

 

Comme une histoire de cinéma, celle de Gonzalo Tobal serait digne d’un beau scénario touchant. A 31 ans, il signe enfin son premier long métrage pour parler d’un âge qu’il connaît, celui des responsabilités, des pertes comme de la nostalgie. Sur fond de crise existentialiste, il dresse un portrait fraternel de deux cousins aux destins différents qui font route vers le village natal, quittant le milieu urbain de Buenos Aires vers les souvenirs d’une enfance et les vérités qui ressurgissent. Le processus et l’écriture semblent terriblement académiques. Derrière cette simplicité apparente se cache pourtant une sincérité à toute épreuve, qui n’est pas sans rappeler celle qui habitait le très beau film Les Acacias. La belle histoire de Gonzalo Tobal, c’est d’avoir comme son homologue argentin Pablo Giorgelli, vu sa carrière décoller après un passage par la Croisette. En 2007, il remportait pour un court métrage le Premier Prix de la Cinéfondation qui récompense les jeunes talents de demain.

 

 

Comme souvent à Cannes, ce genre de récompense se traduit par un soutien de quelques producteurs fougueux. Trois ans plus tard, Tobal met sur pied son premier long métrage qui sera, la récompense, présenté à Cannes 2012. Son film, road-movie dans une première partie puis simple comédie dramatique dans la seconde, joue sur cette étrange sensation de ne pas dire grand-chose en dehors des sentiers bien rabattus par des dizaines d’autres films. Abordant des sujets aussi intéressants que le questionnement de trentenaires (absence de projet personnel, sentiments amoureux, nostalgie d’une enfance innocente), Villegas s’avère inévitablement prévisible tout en tenant le difficile challenge de nous émouvoir. A vrai dire, si Villegas ne repose donc pas sur le brio d’une histoire universelle, ce sont les deux acteurs principaux, Esteban Lamothe et Esteban Bigliardi, qui portent à bout de bras ce long métrage, ce que Tobal, au travers de cadres inclinés, s’obstine à nous faire comprendre.