Comédie, Critiques de films

Critique : Vive la France, de Michaël Youn

Plus politiquement correct et assagi, Michaël Youn nous revient avec le néanmoins sympathique Vive la France. Un cri d’amour qui laisse sur sa faim.

 

Affiche du film Vive la France, de Michaël Youn
Affiche du film Vive la France, de Michaël Youn

 

Muzafar et Feruz sont deux gentils bergers du Taboulistan… tout petit pays d’Asie centrale dont personne ne soupçonne l’existence. Afin de faire connaître son pays sur la scène internationale, le fils du président tabouli décide de se lancer dans le terrorisme «publicitaire» et de confier à nos deux bergers, plus naïfs que méchants, la mission de leur vie : détruire la Tour Eiffel ! Pour atteindre leur objectif, ils devront traverser le milieu le plus hostile qui soit : la France ! Une France, bien loin de l’Occident qu’on leur avait décrit : entre les nationalistes corses, les policiers zélés, les taxis malhonnêtes, les supporters violents, les employés râleurs, les serveurs pas-aimables, les administrations kafkaïennes et les erreurs médicales… rien ne leur sera épargné. Ils rencontreront heureusement Marianne, jeune et jolie journaliste qui, pensant qu’ils sont deux sans-papiers, les aidera à traverser ces épreuves et leur fera découvrir un autre visage de la France… Celui d’une terre d’accueil, magnifique et généreuse, où il fait si bon vivre. Vive la France !

 

Se faire acheter par la sympathie, ça n’a pas de prix. Moins barré et transgressif que son premier long-métrage Fatal, Vive la France est une comédie concoctée par un Michaël Youn plus assagi mais aussi plus mature. Pourtant dans le fond, le type est resté le même : profondément sympathique. Son dernier film est à son image d’ailleurs. Sans esbroufe ni grande originalité, Youn signe à la vérité un film qui cache une déclaration d’amour à un pays que l’on aime détester. Si son humour est moins transcendant et plus ennuyeux parce que trop disparate, le réalisateur ex-trublion du petit écran n’a pas perdu ce talent de voir les gens et de savoir leur parler avec la plus grande des simplicités.

 

Extrait du film Vive le France (2013)
Extrait du film Vive le France (2013)

 

Vive la France est tout sauf complexe et suinte la bonne humeur à des kilomètres. Stupides seront qui s’adonneront naïvement au jeu de la critique sans avoir vu l’œuvre en question, taxant par exemple le film d’être un sous-Borat et son réalisateur d’être un ersatz de la mauvaise comédie française envahissant régulièrement les salles françaises comme la peste bubonique il fût un temps. Aller voir le film leur donnera raison. Car si on déplore bien un humour limité et une narration sans folie, Vive la France reste un film posé, un brin provocateur (le machisme est la seule incartade humoristique de Youn qui interpelle et peut déranger), mais fonctionne à l’énergie, on en veut preuve la pétillante Isabelle Funaro, qui est bien plus qu’un faire-valoir dans un corps de déesse. Youn en réalisateur vaudra aussi bien que la moitié des cinéastes présent dans les sorties de la semaine, preuve que le cinéma n’est pas qu’une question de technique, mais avant tout de ressenti. Et Vive le France sait habilement le provoquer, sans en avoir une prétention démesurée.