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Critique : Voisins du troisième type, d’Akiva Schaffer

D’une comédie référencée attendue, Voisins du troisième déçoit plus qu’il n’amuse la galerie malgré un casting taillé pour l’exercice.

 

Affiche du film Voisins du troisième type, d'Akiva Schaffer
Affiche du film Voisins du troisième type, d’Akiva Schaffer

 

À Glenview, dans l’Ohio, quatre banlieusards ordinaires décident de former un comité de surveillance de quartier. Même s’il s’agit surtout d’un prétexte pour échapper à leurs mornes existences, nos quatre héros vont tout de même faire une découverte incroyable : leur paisible petite ville a été envahie par des extraterrestres qui se font passer pour d’honnêtes citoyens. Face à la menace, le sort de leur quartier – et du monde – est désormais entre leurs mains…

 

 

Ce qui s’annonçait comme une belle parodie (ou hommage, voyez ça comme vous le sentez) portée par un casting détonnant est en fait un beau camouflet. Une coquille vide dans laquelle il n’y a ni humour, ni dialogues dignes d’intérêt et encore moins une présence d’acteurs. Car en fait, chacun fait dans son coin ce qu’il sait faire sans le mettre au profit. Où est la direction d’acteurs ? Venant du type qui a commis Hot Rod comme seul fait d’arme, difficile de lui accorder une grâce. Même si le challenge le dépasse, Akiva Schaffer peine à offrir une quelconque direction, à la hauteur des plans académiques qu’il signe. Son film se pose d’abord comme un portrait de l’Amérique moyenne, coincée dans une banlieue qu’elle estime trop parfaite. C’est un peu trop sûr de lui que Ben Stiller se pose en leader responsable légèrement coincé, celui qui met en place un groupe de surveillance (The Watch, ce qui donne le titre en version originale) et recrute péniblement trois hommes qui voient en ce groupe la possibilité d’un divertissement entre potes. C’est en péteux de première que Vince Vaughn se vautre dans la nullité de son personnage père de famille qui déblatère sans relief ses dialogues. Et que dire de Jonah Hill dont on sent clairement qu’il n’est pas a sa place ici – il brillait pourtant dans 21 Jump Street – ou d’un Richard Ayoade (réalisateur du classieux Submarine, rien à voir donc) anecdotique en intrus anglais.

 

Extrait du film Voisins du troisième type (2012)
Extrait du film Voisins du troisième type (2012)

Le titre laissait entendre de belles références à ce genre fantastico-SF  qui a notamment accouché du très bon Paul (avec le duo Pegg/Frost) l’année dernière. La bande annonce nous a refroidi avant que le film nous achève, confirmant cette sensation de vide. Il faut savourer le peu de références pas franchement subtiles autour de Rencontre du troisième type, Alien ou encore Mars Attack. On s’ennuie ferme, on songe à claquer la porte. Et ce ne sont pas les trop rares fulgurances telles que comment tuer un Alien ou une hilarante séance photo avec l’envahisseur, qui vont sauver l’ensemble. A l’instar d’une comédie populaire américaine qui souffre d’un cruel manque d’inspiration (ce qui n’est pas le cas du cinéma indépendant), Voisins du troisième type s’étiole. Son final, basé sur l’amitié et l’Américain victorieux, en est la preuve. Ce même final aurait pu être une savoureuse caricature d’un cinéma patriotique, kitsch et un brin pathos. Il aurait pu…