Comédie, Critiques de films, Drame

Critiques : Quand je serai petit / Baby-Sitter malgré lui

Au programme de cette fast review, une touchante chronique française et une comédie américaine bien pauvre en rires.

 

 

Quand je serai petit, de Jean-Paul Rouve

 

En salles depuis le 13 juin

 

Synopsis : À l’occasion d’un voyage, Mathias, 40 ans, croise par hasard un enfant qui lui fait étrangement penser à lui au même âge. Profondément troublé, il se lance dans une quête insensée sur les traces du petit garçon qui risque bien de bouleverser son existence et son équilibre familial … Et si l’on pouvait revivre son enfance, pourrait-on alors changer le cours des événements ?

 

Si le point de départ semble trouble et capilotracté, le message porté par le second long métrage du comédien Jean-Paul Rouve – qui y joue également le personnage principal – n’en reste pas moins beau et émouvant. L’intrigue, qui cache une étrange sensation de science-fiction (la même histoire, des personnages différents, mais 30 ans d’écart les séparent) alterne entre la chronique captivante et l’émotion nostalgique d’un retour au passé. Une sorte de quête initiatique menée par Mathias (Rouve, donc) remplace la traditionnelle crise de la quarantaine. Cela ressemble de loin à 17 ans encore, la conviction et la sincérité en plus. Ainsi, Mathias vit avec un lourd passé qu’il essaie en silence de refouler jusqu’au moment où l’histoire se répète avec son alter-ego, Mathias, 10 ans, qu’il rencontre par hasard. Peut-être un peu trop présent, Jean-Paul Rouve rate sa prestation (Benoît Poelvoorde est nettement plus efficace) et tente de se rattraper sur quelques rares plans savoureux – on en pense à ce regard nostalgique et émouvant qu’il pose sur des photos anciennes. En revanche, le scénario très bien construit ne délivre rien de son intrigue et enchante jusqu’au bout. Le fond y est, la forme un peu moins.

 

L’avis : Une chronique familiale sans prétention qui émeut suffisamment pour convaincre, même si le style et la manière le sont moins.

 

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Baby-Sitter malgré lui, de David Gordon Green

 

En salles depuis le 13 juin

 

Synopsis : Lorsque le plus mauvais des baby-sitters embarque les trois pires enfants au monde pour une nuit mouvementée et inoubliable à travers les rues de New York, il est impossible de dire qui en sortira indemne…

 

Extrait du film Baby-Sitter malgré lui (2012)
Extrait du film Baby-Sitter malgré lui (2012)

 

A croire que David Gordon Green aime se frotter à la critique et récolter un maximum de mauvais avis pour satisfaire un égo à l’envers. C’est bien le même réalisateur qui dirigeait les très appréciés L’autre rive (2004) ou encore Snow Angels (2007). Après avoir signé Délire Express (une production Apatow, cela n’explique pas tout) et Your Highness, le réalisateur s’essaye à la comédie américaine de bas étage, censée satisfaire le grand public américain. Cet espèce de faux Maman j’ai raté l’avion sauce 2012 souffre d’un scénario bien limité, des gags prévisibles à des kilomètres et un sens du rebondissement minable. A cela rajoutez la performance d’un Jonah Hill (de tous les plans) bien morne et une VF d’une pauvreté incroyable et vous obtenez une comédie ennuyeuse, décevante au point de ne déclencher aucun sourire. Bon, tout compte fait, on comprend pourquoi Jonah Hill veut s’éloigner de la comédie et « jouer des drames »…

 

 

L’avis : Même le talentueux Jonah Hill n’arrive pas à rendre cette comédie entraînante et amusante. Une erreur de parcours dont le concerné pourra en rire dans le futur.